Résultats de recherche pour « feed » – Mouvement Colibris https://colibris-lemouvement.org Tue, 27 Oct 2026 15:49:04 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1.3 https://colibris-lemouvement.org/app/uploads/2026/08/cropped-favicon-150x150.png Résultats de recherche pour « feed » – Mouvement Colibris https://colibris-lemouvement.org 32 32 WEBCONFÉRENCE : Bien-être militant, un acte de résistance démocratique, points clefs et Replay https://colibris-lemouvement.org/actualites/web-conference-bien-etre-militant-un-acte-de-resistance-democratique https://colibris-lemouvement.org/actualites/web-conference-bien-etre-militant-un-acte-de-resistance-democratique#respond Wed, 14 Oct 2026 13:02:11 +0000 https://colibris-lemouvement.org/actualites/brouillon-auto

Le 06 octobre 2026, le Mouvement Colibris a organisé une webconférence pour présenter les premières conclusions de la Recherche-action participative qu’il co-anime avec le Mouvement pour l’Économie Solidaire, l’association Allumeuses et des chercheurs et chercheuses, avec le soutien du Fonds de Développement de la Vie Associative. Le tout, dans un contexte marqué par les conséquences d’un été caniculaire catastrophique, d’une crise sociale forte et d’une rentrée politique et sociale sous pression.

Plus de 8000 mort·es, des millions d’animaux disparus, des dizaines de milliers d’hectares brûlés : l’été 2026 a rappelé avec violence que la catastrophe écologique n’a rien de naturel. Elle est le résultat de choix politiques – ceux d’une économie néolibérale qui épuise la Terre autant que l’Humanité. Pendant que les associations affrontent des besoins en hausse avec des moyens en baisse, celles et ceux qui portent l’intérêt général en leur sein, s’épuisent à leur tour.

C’est pour comprendre et dépasser cette double érosion que le Mouvement Colibris a participé à initier la Recherche-action participative NMSE (Nouveaux Modèles Socio-Économiques des associations pour la transition citoyenne), aux côtés du Mouvement pour l’Économie Solidaire (MES), de l’association Allumeuses et de scientifiques. Retour sur la webconférence « Militer sans s’épuiser, un acte de résistance démocratique », qui a réuni six intervenant·es autour des premiers résultats de cette recherche lancée en 2024.

L’État se désengage, les subventions fondent, les marchés publics concurrentiels imposent la loi du moins-disant, et les injonctions à « sortir du champ politique » se multiplient — jusqu’aux menaces directes, dont la une du JDD portant la vision de l’extrême droite reste l’illustration la plus récente. Des associations disparaissent, des milliers d’emplois sont supprimé·s, des bénévoles abandonnent, et la charge se concentre sur un nombre toujours plus réduit de personnes. Le contexte est porteur de fortes tensions externes qui ont des impacts en interne.

« Nous vivons, dans tous les continents, une révolution invisible : la montée très forte des associations. Un phénomène rendu invisible alors qu’il est présent. »

Jean-Louis Laville

Jean-Louis Laville : réinventer l’association contre l’amnésie démocratique

Auteur de Réinventer l’association, contre la société du mépris (éditions DDB, 2019), Jean-Louis Laville, sociologue et directeur scientifique de la Fondation du CNAM remet l’épuisement militant en perspective. Le problème central est celui de l’amnésie : on attribue le progrès social au seul État, en oubliant que les associations ont participé très fortement à la construction des sociétés démocratiques – dès les collectifs auto-organisés des années 1830-1848, qui voyaient dans la solidarité démocratique le chemin de l’émancipation. L’histoire du militantisme est aussi un avertissement : nombre d’expériences qui croyaient fonder un « contre-monde » ont fini par l’enfermement sectaire et la guerre interne.

Face au néolibéralisme – un véritable « projet anthropologique » dont l’auteur fondateur, Friedrich Hayek, affirmait préférer la concurrence à la démocratie s’il fallait choisir – Jean-Louis Laville distingue trois phases : le dogmatisme du marché, son habillage « humaniste » (responsabilité sociale de l’entreprise, philanthropie), puis le passage à l’autoritarisme lorsque les sociétés doivent être « disciplinées ». Le « managérialisme » n’est pas un courant distinct : c’est la déclinaison gestionnaire de cette idéologie, visant à réduire les associations à un « tiers secteur » – privé de débat politique, chargé de « s’occuper des pauvres » au moindre coût pour les finances publiques, dans un glissement de la démocratie vers la ploutocratie.


Gaël Louesdon : la Recherche-action NMSE, une riposte associative

Délégué général du MES, Gaël Louesdon raconte la genèse de NMSE, née d’un séminaire des convergences qui réunit le MES, le Collectif pour la transition citoyenne et le Collectif des associations citoyennes. Autour d’un problème partagé – cette « maltraitance politique, institutionnelle et économique » que subissent les associations – un consortium s’est formé entre le MES, le Mouvement Colibris et Allumeuses, soutenu par le Fonds de développement de la vie associative (FDVA).

Une Recherche-action participative associe des savoirs d’expérience (celles et ceux qui agissent) et des savoirs distanciés (celles et ceux qui observent), pour construire ensemble une problématique et capitaliser les enseignements.

Deux objectifs :

  • renforcer la capacité d’action des acteur·ices de la transition en cherchant collectivement une culture de travail et de gouvernance soutenable ;
  • rassembler les savoirs co-produits dans un espace internet accessible type wiki et des livrables destinés à devenir communs, pour les capitaliser.

Les axes qui structurent la réflexion :

  • en gouvernance interne : réaffirmer le sens et l’utilité sociale du projet associatif et instaurer des compagnonnages de pair-à-pair ;
  • en gouvernance externe : inventer des mutualisations et alliances nouvelles entre organisations pour continuer à porter une vision politique transformatrice.

« Quand on a un problème, on se serre les coudes, on s’associe et on trouve les solutions : c’est le principe associationniste. »

Gaël Louesdon
Atelier luchon fdva
Atelier de travail avec le groupe local de Luchon et Eric Favre

Éric Favre : les signaux d’alerte dans le réseau Colibris

Chargé de l’animation du réseau bénévole, Éric Favre décrit le constat qui a précédé la Recherche-action : fragilisation du modèle économique, retour en arrière sur les questions écologiques, disparition d’acteurs associatifs sur la transition. Son enquête de santé du réseau révèle des groupes locaux qui disparaissent, un renouvellement bénévole qui ne se fait plus, des webinaires et formations qui peinent à rassembler comme auparavant.

L’option habituelle – relancer « la machine » par de grandes campagnes de communication – était hors d’atteinte, l’équipe salariée elle-même étant épuisée. La Recherche-action offre un chemin pour qualifier cet épuisement et le traduire concrètement, au niveau local comme national. Deux groupes locaux ont été embarqués : Luchon, en moyenne montagne pyrénéenne, impactée par le réchauffement climatique et le surtourisme ; et le Mesnil-Saint-Denis, en espace périurbain en Île-de-France, un groupe dynamique en expansion.

« Je voyais bien que c’ était un problème d’épuisement, mais je n’avais pas d’outils pour comprendre d’où ça venait. L’idée de cette Recherche-action, c’est d’aller explorer de nouvelles manières de faire ensemble. »

Éric Favre

Valérie Corbière : « On portait trop de sujets »

Bénévole du groupe local du Mesnil-Saint-Denis, Valérie Corbière illustre le vécu de terrain. Son groupe, créé entre amies en 2022 et devenu Colibris en 2023, connaissait un contexte paradoxal : un succès croissant d’actions de plus en plus ambitieuses, mais un cercle cœur en plein renouvellement et une charge concentrée sur quelques personnes. Deux enjeux émergent : embarquer plus de monde dans l’organisation, et s’organiser pour ne pas s’épuiser.

Atelier du projet NMSE à Caen 2026
Atelier du projet NMSE à Caen 2026

Marie-Laure Guislain : du « burn-out militant » au « burn-out néolibéral »

Coordinatrice d’Allumeuses, qui porte le collectif Badassoin, Marie-Laure Guislain propose une grille de lecture en trois familles de facteurs d’épuisement.

  • Le facteur institutionnel : un État qui coupe les subventions, délègue des missions de service public aux associations et participe avec les multinationales à la destruction du monde.
  • Le facteur structurel : la reproduction, au sein même de nos collectifs, de la culture de la compétition, de l’urgence et du perfectionnisme – mais aussi des oppressions systémiques (sexisme, racisme, validisme, classisme), parce que « nous baignons dans ce système ». Quand un collectif affiche des valeurs élevées sans cohérence interne, la perte de sens qui en résulte devient un facteur d’épuisement massif. S’y ajoute la violence systémique retournée contre nous-mêmes : ne pouvant frapper un système « trop grand pour nous », on se déchire entre nous – pureté militante, radicalisme rigide, polarisation qui exclut.
  • Le facteur organisationnel : absence de procédure de gestion des conflits alors que neuf collectifs sur dix meurent au bout d’un an de l’incapacité à les traverser ; absence d’espaces de stratégie, de lien, de reconnaissance et d’écoute.

En réflexion, Marie-Laure Guislain souligne un risque majeur, à mesure que les contraintes s’aggravent : celui de « retourner la violence contre nous-mêmes ». Personne n’a de recette miracle, mais il existe des chemins à explorer ensemble – la mutualisation des expériences et l’association des savoirs.

« Nous préférons parler de burn-out néolibéral plutôt que de burn-out militant : c’est la reproduction du système dans nos collectifs qui épuise, pas le fait de militer, qui peut au contraire créer du lien pour sortir de l’impuissance. »

Marie-Laure Guislain

En interne : réorganiser le collectif pour qu’il redevienne soutenable

Les membres du projet NMSE lors d’un séminaire de travail à Caen.

Bérénice Dondeyne : réappropriation politique et valeur immatérielle

Coprésidente du MES France, Bérénice Dondeyne rappelle que « le politique c’est de l’intime et du collectif, du dedans et du dehors » – et que gouvernance interne et externe se mêlent sans cesse. Premier enjeu interne : la réappropriation politique des membres d’une organisation. Nombreuses sont celles et ceux qui sont dépossédé·es du sens politique de leurs actions et peuvent en perdre le sens de leur engagement. Poser collectivement la question « pourquoi sommes-nous là ? » s’avère à chaque fois très riche. C’est l’un des acquis importants de NMSE. S’ensuivent les questions de l’adéquation entre sens individuel et sens collectif (y compris entre générations), et celles de la transmission, de l’accueil et de la formation.

Elle soulève aussi un pas de côté décisif : dans une organisation, il y a de l’humain et de l’argent qui circulent, mais aussi beaucoup d’immatériel – du non-monétaire, de l’économie réciprocitaire, de l’ordre symbolique. Tant qu’on ne sait pas donner de la valeur à ces économies-là, on prive l’organisation d’une partie de sa force.

« Tant qu’on ne sait pas donner de la valeur aux économies non-monétaires, réciprocitaires, symboliques, on enlève une force qui est dans l’organisation. »

Bérénice Dondeyne

Marie-Laure Guislain : le collectif comme organisme vivant

Les six organes des collectifs (Badassoin)

Pour Badassoin, le collectif est un organisme vivant comme notre corps, qui a besoin de soin au niveau de ses organes. Six organes structurent la grille d’analyse :

  • Le cœur (écoute, lien, soutien psycho-émotionnel) : il faut créer de vrais espaces réguliers d’écoute – pas de simples « météos » sans suite – des espaces où l’on peut discuter des charges de travail, être en désaccord sur le fond… pour sortir de la pureté militante.
  • Les poumons (reconnaissance) : reconnaître le travail de chacune et chacun – surtout quand on est payé « au lance-pierre »-, prendre soin des personnes minorisées ; instaurer une culture du débrief et du feedback, célébrer aussi les étapes. Car si l’on attend d’avoir « sauvé le monde » pour célébrer, on ne célèbre jamais.
  • La bouche (oppressions systémiques) : le sexisme, le racisme, le classisme ne sont pas des fatalités ; on peut y travailler.
  • Les tripes (transformation des conflits) : prévoir dès à présent un protocole de gestion des conflits, se mettre en tête que le conflit est naturel, prévoir des protocoles d’entrée et de sortie.
  • Le cerveau (stratégie) : sortir « le nez du guidon », prioriser des axes cohérents avec nos valeurs et nos ressources pour ne pas tout accepter.
  • Les membres (gouvernance et organisation) : de la clarté dans les rôles, ramener les personnes concernées dans les décisions, répartir réellement les responsabilités – car le « tout organique » épuise et reproduit les dynamiques de pouvoir.

Pas de recette miracle, mais des « graines de soin » : des pratiques inspirantes à disséminer, parce qu’on ne change pas une culture sans pratiquer.

« Le soin, ce n’est pas un petit coup de thérapie parce que tu fais un burn-out. Le soin, c’est politique : c’est agir sur le fonctionnement, la gouvernance et la stratégie du collectif. »

Marie-Laure Guislain

Éric Favre et Valérie Corbière : deux groupes locaux, deux chemins concrets

À Luchon, le travail relève surtout de l’axe « sens » : diagnostic sensible du territoire, semaine d’immersion, cartographie participative et outil du « champ de force » ont permis au groupe – fragilisé par la mise en pause ou le retard d’un projet de tiers-lieu et par des épuisements personnels – de cadrer un projet aboutissant à une candidature Erasmus+, et de nommer des injustices locales.

Au Mesnil-Saint-Denis, le chantier est celui de l’organisation : une frise temporelle co-construite rend visible la feuille de route de l’année et facilite la prise en charge des thématiques. L’atelier sur les niveaux d’implication a été « un déclic » : dire « je suis intéressé·e par » ne veut plus dire « j’organise » – chacun·e peut verbaliser le niveau d’engagement qui lui semble juste, ce qui crée moins de déception, moins de tensions, et plus de liberté en somme. Le point de départ, rappelle Valérie, était simple : « On ne se posait jamais pour vérifier que tout le monde était à l’aise avec ce qu’on proposait ». Créer un espace d’écoute – pour des membres qui sont aussi des ami·es – a été, en soi, une réponse au problème.

« On a créé un espace d’écoute, et ça a été hyper précieux : on n’est pas uniquement des bénévoles, nous sommes aussi des ami·es, et on ne voulait pas que nos actions mettent un terme à notre amitié. »

Valérie Corbière
Atelier du projet NMSE au Mesnil-Saint-Denis

En externe : coopérer, s’allier, valoriser l’immatériel

Bérénice Dondeyne : l’épuisement est aussi politique

En replaçant l’épuisement comme fait politique, nous changeons la manière de regarder nos relations aux autres organisations. Se posent alors des questions concrètes : comment énoncer notre raison d’être, coopérer et mutualiser sur un territoire, garantir la transparence – car quand une grosse organisation coopère avec une petite, l’échange est parfois loin d’être équilibré –, co-écrire des récits partagés du territoire avec les collectivités et les acteurs économiques, et vérifier notre légitimité à proposer et à co-décider ?

« L’épuisement n’est pas strictement individuel, il est aussi politique. Si on le replace comme fait politique, ça change la manière de regarder la gouvernance. »

Bérénice Dondeyne

Valérie Corbière et Éric Favre : le partenariat dans l’ADN des Colibris

« Inspirer, relier, soutenir : le partenariat est dans l’ADN du Mouvement », rappelle Valérie. Au Mesnil-Saint-Denis, les liens tissés – centre social qui héberge le groupe, municipalité avec qui le soutien est mutuel, commune voisine dont les serres accueillent les semis – ont produit du concret : un projet de rénovation monté et soumis au budget participatif en deux semaines, en coopération.

« Quand on donne, on reçoit beaucoup » : une illustration limpide de la valeur immatérielle que plaidait Bérénice Dondeyne. Au niveau national, reconnaît Éric Favre, le Mouvement a pu s’outiller avec les outils de la Recherche-action comme avec le CLIP (Conflits-Légitimité-Intérêt-Pouvoir). Ils permettent de se former à ces coopérations, aux côtés du Collectif pour la transition citoyenne et du Pacte de la transition citoyenne signé avec des élu·es.

Marie-Laure Guislain : « l’urgence, c’est la coopération entre organisations »

« On est souvent d’accord sur les constats et les valeurs, mais très peu de personnes se penchent sur le « comment ». Or c’est en apprenant à coopérer qu’on gagne du temps et de l’impact », souligne Marie-Laure Guislain.

Le système nous divise, et face à nous « ils sont très alliés » : même la meilleure stratégie du monde n’aboutira pas à la transformation sociale, écologique et décoloniale si les organisations ne coopèrent pas. Or la coopération se pratique et s’apprend : elle demande du temps dédié, des accords de coalition qui décident du fonctionnement ensemble, des espaces pour les réajuster et des processus de transformation des conflits prévus à l’avance. Car les dynamiques de pouvoir se reproduisent aussi entre organisations – appropriation du travail collectif par les unes, conflits d’apparence interpersonnelle mais d’essence organisationnelle – ce qui « plombe » des coalitions entières.

« Une association n’est pas qu’une organisation : c’est aussi une institution, c’est-à-dire la production de sens partagé. »

Jean-Louis Laville

En écho, Jean-Louis Laville invite à résister au « rabattement organisationnel » : les modèles qu’on nous impose font comme si toute entité collective n’était qu’une organisation à rationaliser. Or une association est aussi une institution, dans la mesure où elle produit du sens partagé. Se réapproprier l’histoire comme histoire collective, célébrer ce qui réussit, échanger et faire ensemble : telles sont les voies d’une démocratie vivante – sans cesse confrontée à la montée d’un dogmatisme extrême, « figure perpétuellement renouvelée de l’exclusion ».


Les points marquants des échanges avec les intervenant·es

  • Montrer la valeur, pas seulement la mesurer. Donner à voir tout ce que produisent les organisations de la transition au-delà du monétaire, via les méthodologies d’évaluation de l’utilité sociale – mais aussi, souligne Marie-Laure Guislain, évaluer le sensible : le lien créé, invisible mais « sans quoi nos luttes ne seraient pas pérennes ».
  • Financer les communs. Sensibiliser les financeurs, l’État compris, à financer la coopération elle-même, et s’allier dans des projets collectifs pour chercher des financements ensemble.
  • Se former sans s’imposer. Pour Valérie Corbière : « y aller progressivement », cibler de petits enjeux importants plutôt que tout changer d’un coup. La formation des bénévoles reste une négociation avec chaque groupe local, rappelle Éric Favre.
  • Documenter la critique et dire non. Pour Jean-Louis Laville, les modes d’évaluation imposés dans l’action sociale sont « antinomiques avec la reconnaissance des professionnels et des usagères et usagers (…) il y a des moments où il faut dire non, c’est plus possible. »
  • Faire reconnaître nos propres grilles d’évaluation. Pour Gaël Louesdon, les grilles du nouveau management public « font passer une vision de la société » : il faut conquérir un droit de cité dans le débat public pour que les financements soient débattus démocratiquement, et non plus « au fait du prince » via une philanthropie rarement démocratique.
  • Face à l’extrême droite, s’organiser avant qu’il ne soit trop tard. Jean-Louis Laville témoigne de ce que vivent ses collègues brésilien·nes et argentin·nes – éducation publique en péril, universités livrées au marché – et annonce une grande rencontre les 18-20 novembre pour coopérer dans la résistance. Gaël Louesdon s’inquiète d’une « révolution nationaliste-identitaire » que préparerait le Rassemblement national et dont on voit déjà le ocntour dans les votes à l’Assemblée Nationale et les décisions des municipalités qu’il contrôle.
  • Remettre le soin au cœur. Pour Marie-Laure Guislain : « On peut avoir les meilleures stratégies de transformation du monde, si on ne sait pas bien fonctionner ensemble, on n’y arrivera pas. » Et quand le mot « soin » inquiète, commencer par des petits pas, comme le fait de proposer une réunion sur la gouvernance, la stratégie ou les espaces d’écoute, et demander : qu’est-ce qui nous épuise ici, et que pourrions-nous mettre en place ?

Conclusion : la Recherche-action, un levier de résilience démocratique

Cette soirée a permis de mieux comprendre les causes systémiques de l’épuisement militant, de partager des outils de diagnostic et d’organisation, et de s’inspirer de ce que font d’autres groupes. La Recherche-action participative – qui fait dialoguer science et action, chercheur·euses et associations – s’est révélée un levier puissant pour identifier des méthodes et outils de résilience et de résistance démocratique. Tout ne s’arrête pas là : l’objectif est de créer des communs au service de l’intérêt général, et de les faire circuler le plus largement possible.

Pour aller plus loin

  • Regardez le replay de la webconférence ;
  • Retrouvez les ressources partagées par les intervenantes et intervenants durant la webconférence.
  • Consultez d’ici quelques semaines le wiki NMSE, boîte à outils en ligne pour animer une communauté vivante et agissante ;
  • Rejoignez le Mouvement Colibris et un groupe local près de chez vous ;
  • Retrouvez les rendez-vous annoncés :
    • Séminaire des convergences du MES les 9-11 novembre,
    • Rencontres franco-latino-américaines les 18-20 novembre,
    • Forum régional de l’ESS en Occitanie à partir du 27 novembre,
    • Ateliers du collectif Badassoin, plateforme juridique mutualisée d’Allumeuses.
  • Faites un don pour prendre soin de celles et ceux qui agissent pour le vivant : https://www.jedonneenligne.org/colibris/CAMPAGNE0926/

Militer sans s’épuiser n’est pas un luxe : c’est la condition même de la durée de nos luttes – et un acte de résistance démocratique. Le soin que nous apportons à nos collectifs est aussi politique que les causes que nous défendons.

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CAMPAGNE : Militer sans s’épuiser : un acte de résistance démocratique https://colibris-lemouvement.org/actualites/campagne-militer-sans-sepuiser-un-acte-resistance-democratique https://colibris-lemouvement.org/actualites/campagne-militer-sans-sepuiser-un-acte-resistance-democratique#respond Thu, 03 Sep 2026 22:00:00 +0000 https://colibris-lemouvement.org/actualites/campagne-militer-sans-sepuiser-un-acte-resistance-democratique

Alors que certains départements français sont encore en vigilance canicule après un été catastrophique qui a vu se succéder les sécheresses, incendies, tempêtes dévastatrices, et même une tornade, l’écologie apparaît plus que jamais comme un urgence. 

Au cœur de la lutte pour protéger le vivant contre cet effondrement climatique et écologique, les militants et militantes défendent l’intérêt général, ces communs qui nous appartiennent et nous font vivre, l’eau, la terre, la vie.

Pourtant, alors qu’on devrait les soutenir, les personnes militantes s’épuisent.

Face à la réduction des subventions publiques, en butte aux logiques néo-libérales, parfois même menacées, les associations et les personnes militantes sont mises à rude épreuve. C’est pourquoi, en cette rentrée 2026, le Mouvement Colibris lance une campagne pour les soutenir.

Parce que pour nous, militer sans s’épuiser est véritablement un acte démocratique !

Webconf bien etre militant banniere officielle colibris 2

Une campagne du Mouvement Colibris pour prendre soin de celles et ceux qui défendent le vivant.

L’engagement écologiste en péril : et si le vrai combat commençait par nous ?

En France, 13 millions de bénévoles et 1,6 million d’associations se mobilisent chaque jour pour défendre l’écologie, la justice sociale et la démocratie. Pourtant, dans un contexte politique et social de plus en plus tendu, ces acteur·rices essentiel·les font face à une menace silencieuse : l’épuisement militant. Stigmatisation de l’engagement, retrait de l’État, baisse des subventions, pression des logiques néo-libérales… Les organisations, souvent influencées par des modèles incompatibles avec leurs valeurs, peinent à s’adapter. Résultat ? Près de 500 000 personnes pourraient arrêter leur bénévolat en 2026, selon la dernière étude de Recherches et Solidarités.

Face à ce constat, le Mouvement Colibris, aux côtés du Mouvement pour l’Économie Solidaire (MES) et de l’association Allumeuses, a lancé un projet de Recherche-action participative pour identifier les causes de cet épuisement et proposer des solutions concrètes. Parce que prendre soin de celles et ceux qui agissent, c’est aussi défendre la démocratie.

Pourquoi cette campagne ?

Un problème systémique, pas individuel

L’épuisement des militant·es n’est pas une fatalité, mais le symptôme de modes d’organisation à repenser. Nos associations, souvent sous pression et sous-financées, reproduisent parfois des dynamiques qui aggravent la fatigue de leurs membres. Pourtant, leur rôle est crucial : elles incarnent un contre-pouvoir essentiel pour équilibrer les rapports de force et porter des alternatives écologiques et solidaires.

Des chiffres qui alertent

Nos objectifs

Sensibiliser

Mettre en lumière les causes structurelles de l’épuisement militant et leur lien avec le contexte politique et économique actuel.

Outiller

Partager les résultats de notre Recherche-action et les initiatives existantes pour :

  • Identifier les causes et prévenir l’épuisement des bénévoles et salarié·es,
  • Renforcer la robustesse des associations via des organisations internes repensées,
  • Développer les dynamiques partenariales locales pour plus de résilience.

Inspirer

Montrer que le passage d’une culture de l’épuisement à une culture du bien-être militant est possible et nécessaire.

Plaider

Défendre la reconnaissance du rôle central des associations dans la démocratie, comme actrices indispensables de la transition écologique et sociale.

La Recherche-action : une démarche collective

Depuis 2024, Colibris et ses partenaires mènent une Recherche-action participative, soutenue par le Fonds pour le Développement de la Vie Associative (FDVA). Ce travail associe :

  • Des chercheur·euses en sciences sociales (dont Jean-Louis Laville, Fondation du Cnam),
  • Des bénévoles et salarié·es de groupes locaux Colibris,
  • Des partenaires comme le MES et l’association Allumeuses.

Méthodologie : Ateliers participatifs, entretiens, analyse des pratiques organisationnelles, co-construction de solutions.

Web-conférence : « Militer sans s’épuiser : un acte de résistance démocratique »

Le 6 octobre 2026 | 18h30 – 20h15
En ligne | Gratuit

Revisionnez la conférence pour découvrir les premiers résultats de la Recherche-action et échanger avec nos intervenant·es :

  • Jean-Louis Laville, directeur scientifique, Chaire partenariale ESS, Fondation du Cnam
  • Éric Favre, chargé de l’animation du réseau bénévole pour le Mouvement Colibris
  • Valérie Corbierre, bénévole membre du Groupe local Colibris du Mesnil-Saint-Denis, et du cercle de pilotage (CA) de l’association.
  • Gaël Louesdon, délégué général, Mouvement pour l’Économie Solidaire
  • Marie-Laure Guislain, coordinatrice générale d’Allumeuses, qui porte le collectif Badassoin (qui accompagne les collectifs pour passer de l’épuisement à une culture du soin)


Comment agir à votre échelle ?

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Découvrez nos articles et ressources pour comprendre les enjeux et les leviers d’action :

Vous former

Participez à la web-conférence pour découvrir nos conclusions, actions mises en œuvre.

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  • Avec 30 €, soit 10,20 € après déduction fiscale, vous soutenez le financement la transmission des outils de la recherche-action à un collectif.
  • Avec 50 €, soit 17 € après déduction fiscale, vous participez à l’organisation d’un temps de travail collectif.
  • Avec 100 €, soit 34 € après déduction fiscale, vous contribuez à l’accompagnement d’un collectif dans sa réflexion et son organisation.

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Agir au quotidien https://colibris-lemouvement.org/agir/agir-au-quotidien/ Fri, 03 Jul 2026 08:28:10 +0000 https://colibris-lemouvement.org/?page_id=10753 Consommer mieux et local, changer de fournisseur pour une énergie produite localement et renouvelable, manger bio, faire son potager… autant d’initiatives à votre portée et pur lesquelles nous vous partageons quelques ressources.

Accaparement des richesses, soutien à une économie anti-écologique et anti-sociale, évasion fiscale généralisée, déstabilisation des économies locales… Les banques représentent un immense chantier pour un projet de société alternatif !

Mais, bonne nouvelle : nous avons le pouvoir de changer les choses ! Car si leur puissance est immense, les banques et les « marchés financiers » n’existent que grâce à chacun de nous, à notre confiance et notre épargne. Changer de banque pour un établissement plus responsable, ou investir son argent dans des projets qui ont du sens, voici quelques pistes pour ne plus contribuer au casino financier.

Vers quelle banque aller ?

Plusieurs critères interviennent quand on envisage de changer de banques : investissements dans l’économie sociale, solidaire et écologique, transparence, évasion fiscale dans les paradis fiscaux… Un site est là pour vous y retrouver : FinanceResponsable.org

Le site a été créé par Les Amis de la Terre. L’association a réalisé une étude très poussée des 9 grandes banques françaises, selon plusieurs critères : environnement, climat, transparence, paradis fiscaux. Toutes les infos pour choisir votre banque, votre produit d’épargne, ainsi que votre assurance !

Vous trouverez aussi sur le site un guide éco-citoyen « Comment choisir sa banque”. Un document très didactique, où vous découvrirez les projets controversés financés par les grandes banques françaises à l’étranger : centrale nucléaire en Bulgarie, production de bombes à sous-munitions, projets pétroliers en Birmanie, grand barrage au Laos… Pour faire son choix en toute conscience !

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Manger local et de saison, c’est reprendre contact avec celles et ceux qui nous nourrissent, retrouver la fraîcheur des aliments et les saveurs du terroir. C’est aussi encourager la production alimentaire près de chez soi et, par la même occasion, l’autonomie alimentaire et un partage plus juste des ressources nourricières avec le reste du monde.
Manger local et de saison ? C’est du bon sens au fond, pour un retour au sens et au plaisir… de tous les sens.
Merci à Benjamin Chiquet et à Daniel Vuillon pour leurs précieux éclaircissements et témoignages. Merci à Séverine Millet et Anne Cariou pour la rédaction.

GARANTIR L’AUTONOMIE ALIMENTAIRE, PRÉSERVER LES TERRES NOURRICIÈRES ET L’ACTIVITÉ DES PAYSANS PRÈS DE CHEZ SOI

Pourquoi ?

Aujourd’hui, 30 % des terres arables de la planète ont été stérilisés depuis les années 70 ; 30 % sont dévolus à la culture céréalière destinée à l’élevage et une grande partie pourrait être reconvertie pour produire des agrocarburants. Le « capital naturel » permettant aux humains de se nourrir se réduit donc comme peau de chagrin – une exploitation agricole disparaît toutes les vingt minutes en France -, tandis que la population mondiale ne cesse de croître et que les contraintes énergétiques se complexifient : les énergies fossiles permettant à des denrées de parcourir des milliers de kilomètres se raréfient de façon drastique. Une grave crise alimentaire, dont nous voyons déjà les prémisses, pourrait ainsi éclater dans les années à venir.
Or, l’autonomie alimentaire des régions françaises varie de 10 à 25 %, chacune d’elle ne produisant le plus souvent que quelques types de denrées destinés à l’exportation et important le reste, principalement des autres régions françaises et de l’Europe.
Il est donc important de protéger les terres nourricières en favorisant le maintien ou la création de petites exploitations de proximité destinées à nourrir les populations là où elles vivent ; et de revenir autant que possible à une transformation locale des aliments, limitant ainsi les transports sur de grandes distances.
Comment ?

En achetant auprès des producteurs locaux (vente à la ferme, marchés, paniers) afin de contribuer à faire émerger une autre logique de production et de distribution. 
Un exemple qui marche ? Le système des AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne). Il propose de créer un lien privilégié entre un paysan et un groupe de consommateurs qui, chaque semaine, va remplir son panier de fruits et de légumes frais, de viande, de vin… Cette collaboration permet à des milliers de paysans de s’installer tous les ans sur de petites exploitations respectueuses de l’environnement. La France comptait 500 AMAP en 2007, elles sont 4000 en prévision en 2010. Les AMAP connaissent un tel succès qu’elles affichent souvent complet ! Alors pourquoi ne pas en créer une ? (voir la fiche pédagogique : « Comment créer une AMAP »).
En cultivant un bout de jardin potager, en faisant du micro jardinage en ville – plus de la moitié de la population mondiale est vit en ville -, sur sa terrasse, son balcon ou même son rebord de fenêtres. Voir par exemple les conseils de l’association Graine de Jardin.
En créant un jardin collectif dont on partage la production à plusieurs familles : demander à sa mairie de prêter ou louer un terrain en friche, ça se trouve, d’autant que c’est le conseil municipal qui est maître de l’aménagement foncier communal.
Ou alors on s’inspire du concept Sun Barge, une production de légumes sous serres et sur barges à New York. Ce projet test d’une conception parfaitement propre et durable (à part peut-être l’usage de biocarburant) a pour ambition de s’exporter sur les toits de la ville. Ses initiateurs pensent ainsi pouvoir alimenter toute la population new yorkaise en légumes !

SAUVEGARDER LA BIODIVERSITÉ AGRICOLE ET LA SPÉCIFICITÉ DES TERROIRS

Pourquoi ?

Selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), 75 % des variétés agricoles cultivées dans le monde ont disparu depuis 1900, et avec elles un patrimoine génétique d’une extrême richesse, notamment d’adaptation aux spécificités locales des sols. Ainsi, une seule variété de fraise occupe 80 % des surfaces mondiales consacrées à ce fruit (alors qu’on compte 1200 variétés de fraises sur la planète !).
En France, l’agriculteur est limité à la culture de variétés de semences inscrites aux catalogues français et européens, pour la plupart des hybrides non stables (ce qui interdit de replanter les graines et nécessite de les racheter chaque année). En cultivant ces variétés hybrides ou bien des organismes génétiquement modifiés, l’agriculture uniformise la production et condamne la richesse de la biodiversité végétale.
De même, en limitant l’élevage à quelques races animales performantes, l’élevage industriel fait aussi disparaître notre patrimoine animal.
Pourtant, cette biodiversité est l’héritage dû à nos enfants. Elle est la richesse de la variété opposée à la monotonie de la standardisation. Elle est toute la puissance créative de la Nature qui s’adapte aux sols et aux climats en inventant des espèces par milliers, végétales et animales. Un travail de millions d’années de sélections et de mutations qui a permis de pérenniser la Vie. Et cette inventivité, combinée au génie créatif de l’homme, qui a sélectionné et croisé semences et races, a longtemps produit des résultats agronomiques élevés.
Cela vaut donc la peine d’encourager la polyculture. Au contraire de la monoculture, elle garantit la rotation des terres et donc leur fertilité pérenne ; elle favorise les particularités locales et redonne toute leur place aux terroirs et aux goûts.
Comment ?

En choisissant d’acheter des fruits et légumes cultivés sur des exploitations de taille réduite qui pratiquent une agriculture écologique et favorisent les variétés locales.
En achetant son fromage chez le fromager, sa viande chez le boucher, ses fonds de sauce chez l’épicier plutôt qu’en petite, moyenne et grande surfaces (quoique certaines d’entre elles vendent parfois des produits du terroir local). Et en n’hésitant pas à demander à son fromager, à son boucher et à son épicier d’où viennent les denrées qu’ils proposent ; et à les inciter à l’occasion à présenter plus de produits du cru, mémoires d’un savoir-faire ancestral et régional.

ENCOURAGER UNE ÉCONOMIE LOCALE ET CRÉER DES EMPLOIS QUI ONT DU SENS

Pourquoi ?

Le réseau de la grande distribution a pour critère prépondérant le prix. Un producteur qui vend sa production aux centrales d’achat est donc souvent contraint de privilégier la quantité au détriment de la qualité et de brader le fruit de son travail. En France, 25 % des paysans ont un revenu inférieur au RMI, 40 % disposent de moins du Smic pour vivre. Alors que simultanément, les marges de la grande distribution ne cessent d’augmenter.
A contrario, un producteur qui a une relation directe avec ses consommateurs a la possibilité de valoriser un travail de qualité et de le vendre à un prix juste qui n’est pas soumis à la grande chaîne des intermédiaires.
Comment ?

En favorisant les circuits courts de production et de distribution (fermes, petits producteurs locaux, sur les marchés notamment).
En adhérant à l’association Slowfood. Née en Italie à Bra en 1986 et essaimant depuis dans le monde, ce groupement défend et encourage l’achat local et de saison, la biodiversité, la spécificité des terroirs, le lien entre producteurs et consommateurs. Il prône aussi la lenteur, telle celle d’un bon repas dégusté ensemble. Les conviviums (groupes locaux) organisent notamment des ateliers d’éducation au goût, pour les adultes et les enfants.
En devenant « locavore ». Initié en 2004 en Californie, autour de la baie de San Francisco, ce mouvement réunit des personnes qui consomment autant que possible de la nourriture produite dans un rayon de 160 km (100 miles) autour de chez elles. Leur intention : préserver le terroir, la fraîcheur et le goût des aliments, le lien avec les saisons et les producteurs, et faire marcher l’économie locale. Et s’il faut acheter une denrée fabriquée « hors zone », privilégier le terroir : brie français ou parmesan italien sont donnés comme exemples.

RÉDUIRE LES TRANSPORTS ET MINIMISER LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Pourquoi ?

Aux Etats-Unis, l’article alimentaire parcourt entre 2500 et 4000 kilomètres, soit 25 % de plus qu’en 1980. Au Royaume-Uni, en vingt ans, la longueur moyenne du voyage des produits alimentaires a augmenté de 50 %. Bref, c’est après environ 1500 kilomètres qu’un aliment arrive dans notre assiette.
Le transport de marchandises, par voie maritime, routière ou aérienne, provoque un grand nombre de nuisances environnementales (pollution, bruit, constructions d’infrastructures…) alors que de nombreux produits alimentaires de nécessité sont fabriqués en France, voire même tout près de chez soi.
Comment ?

On apprend à lire les étiquettes quand on fait ses courses (on regarde d’où ça vient). Est-ce bien nécessaire d’acheter des haricots verts cultivés au Kenya (ce qui est le cas souvent des conserves) ? des kiwis australiens quand on en produit dans le Sud de la France ? des pommes du Chili ?
On préfère les aliments frais à ceux en conserve ou surgelés : leur conditionnement spécifique est consommateur d’énergie.
On achète des fruits et des légumes de saison. Un fruit hors saison importé consomme pour son transport 10 à 20 fois plus de pétrole que le même fruit produit localement lorsque c’est la saison. Ainsi, 1 kg de fraises d’hiver peut nécessiter l’équivalent de 5 litres de gasoil pour arriver dans notre assiette ! Manger des fruits et légumes hors saison encourage les cultures sous serre, gourmandes en eau et en chauffage. Cela n’empêche pas de se régaler de bananes, de mangues et d’ananas lorsque c’est la saison, de café et de cacao aussi, toutes denrées à la production proprement exotique. Penser alors au commerce équitable : il garantit une rétribution plus juste des cultivateurs et il est attentif à la préservation de l’environnement.
On mange moins de viande de bœuf et de veau. Produire un kilo de boeuf engendre 50 à 100 fois plus d’émissions de gaz à effet de serre (GES) que de produire un kilo de blé. Les bêtes sont très gourmandes en végétaux et cette culture intensive est fortement émettrice de GES : fabrication et décomposition des engrais azotés, usage du tracteur notamment. De plus, la digestion des ruminants produit du méthane, 23 fois plus « réchauffant » que le CO2 (source : Jean-Marc Jancovici, www.manicore.com ). Et du coup, on achète sans culpabiliser des litchis de Madagascar !

PARTICIPER À UNE RÉPARTITION ÉQUITABLE DES RICHESSES

Pourquoi ?

La production massive et subventionnée de l’agriculture occidentale (Europe et Etats-Unis principalement) permet des prix de revient tellement bas que le transport d’un produit ne représente plus qu’1 % de son coût global. On peut par conséquent trouver des fruits et légumes européens à Dakar trois fois moins chers que les produits locaux (cf Jean Ziegler, dans « We feed the world »). Ce mode de production et de consommation participe ainsi à la détresse et à la pauvreté des paysans du Sud.
La logique économique presque exclusivement axée sur les notions de croissance et de rentabilité conduit un nombre de plus en plus grand de pays du Sud (Afrique, Maghreb, Amérique du Sud…) à produire en masse pour l’exportation. La région d’Agadir au Maroc mobilise ainsi la quasi totalité des réserves en eau pour ses grandes exploitations de cultures intensives (conventionnelles mais également biologiques, voir « Manger bio ? »). Les paysans locaux sont ainsi en partie privés d’eau pour leurs cultures et la population privée des denrées destinées à l’exportation. Elle ne bénéficie pas non plus la plupart du temps des devises ainsi générées. Dans d’autres pays, cette course au profit de masse se traduit par des expropriations illégales de paysans chassés de leurs terres et allant grossir le rang des déshérités des villes, ou bien par des déforestations pour planter du soja et du maïs OGM destinés au bétail « occidental » (au Brésil et en Argentine).
Plus d’un milliard de personnes dans le monde sont sous-alimentées et 70 % d’entre elles sont des paysans (source : FAO).
Comment ?

Une fois encore en privilégiant l’achat de denrées produites localement, dans l’intention de laisser aux populations (particulièrement des pays dits « émergents » et à ceux en « voie de développement ») la possibilité de jouir des ressources de leur territoire et de la liberté de produire d’abord pour elles-mêmes, de vivre et de se nourrir de cette production.
En achetant des fruits et des légumes chez de petits producteurs (voir notre annuaire d’acteurs), ou en bio dans les magasins Biocoop, Naturalia ou Nouveaux Robinson par exemple (productions de petites exploitations) plutôt que dans les grandes surfaces.

FAVORISER LA QUALITÉ ALIMENTAIRE ET VIVRE EN BONNE SANTÉ

Pourquoi ?

Produire en masse suppose l’utilisation d’engrais et de pesticides chimiques en agriculture conventionnelle, d’hormones et d’antibiotiques en élevage conventionnel.
Transformer pour obtenir des produits bon marché nécessite l’apport de matières pauvres en qualités nutritionnelles et parfois toxiques (huiles hydrogénées, émulsifiants, antioxydants…). Voir la recette de la tarte à la cerise industrielle de Lydia et Claude Bourguignon.
Transporter des fruits et légumes sur de longues distances impose des cueillettes avant maturité – et donc une pauvreté nutritionnelle-, ainsi que des traitements après récolte, chimiques ou par irradiation.
Or, tous ces additifs et traitements peuvent être néfastes pour la santé (voir « Faire de l’alimentation notre première médecine » ).
Comment ?

En privilégiant des denrées alimentaires issues d’une agriculture saine, respectueuse du sol (pas d’engrais, d’herbicides ni de pesticides chimiques), de l’environnement (gestion économique de l’eau), de la biodiversité et des animaux. Ce qu’exige l’agriculture biologique mais aussi l’agroécologie fortement attachée à la notion de proximité, de respect des saisons et de qualités nutritives.
En mangeant des fruits et des légumes de saison, produits localement donc et cueillis à maturité, dont on peut apprécier la fraîcheur et la saveur.
Quelques livres

  • « Que mangerons-nous demain ? », Christian Rémésy, éd. Odile Jacob.
  • « Consommer moins, consommer mieux », Serge Papin & Jean-Marie Pelt, éd. Autrement.
  • « Manger local », Lionel Astruc & Cécile Cros, éd. Actes Sud, collec. Domaine du Possible

La revendication d’une alimentation saine et locale concerne tous les acteurs du monde rural, au premier rang desquels les paysans et les producteurs locaux. La renaissance d’une agriculture de proximité se joue dès les premières étapes de la chaîne de production : pour vendre un produit localement, il faut pouvoir le cultiver et le transformer sur le territoire. C’est pourquoi la propriété foncière est un outil essentiel au développement serein d’une agriculture paysanne. L’enjeu, à l’avenir, est donc immense de pouvoir assurer pour les paysans un accès sur le long-terme aux terres agricoles, afin d’assurer la pérennité de leur activité.

Pourquoi investir dans une Foncière ?

Car aujourd’hui, l’accès au foncier est devenu le principal frein à l’installation de nouveaux agriculteurs. Les surfaces disponibles ne cessent de diminuer (accaparement des terres par les grandes exploitations), impactant directement le prix du foncier qui représente ainsi une charge toujours plus conséquente pour les candidats à l’installation. Pour lutter contre ce phénomène et encourager les paysans désirant s’engager dans une exploitation agroécologique, chacun de nous a un rôle à jouer en accompagnant l’acquisition collective de terres agricoles par un investissement solidaire dans une Foncière. La Foncière est une alternative concrète qui permet à chaque citoyen de prendre part dans l’avenir des territoires ruraux et périurbains. Son objectif est de montrer qu’il est possible, à travers la mobilisation de l’épargne citoyenne, de soustraire des terres au marché spéculatif et de les protéger des menaces qui pèsent sur elles.

Investir dans une Foncière : on le fait !

Terre de Liens est une association qui travaille depuis plusieurs années à modifier le rapport à l’agriculture en valorisant notamment l’accès collectif aux terres agricoles et en mettant en place des outils de finance solidaire pour cela. Une Foncière, créée en 2006, permet ainsi de récolter l’épargne citoyenne afin d’acquérir des terres pour y installer – et parfois maintenir – des agriculteurs porteurs de projets respectant la Charte de l’association. La peur de l’endettement n’est alors plus un frein à l’activité agricole.

>>> En savoir plus sur Terre de Liens

Manger bio, c’est quitter le monde de la production agricole conventionnelle et adopter une autre façon de se nourrir, plus en conscience. C’est choisir de préserver, par un acte quotidien nécessaire, les ressources de la planète tout autant que la santé de la terre et celle des humains.

Manger bio, c’est varié

L’alimentation bio fait preuve d’originalité. L’agriculture bio favorisant les variétés locales et rustiques, elle propose à notre curiosité des fruits et des légumes oubliés (panais, rutabaga, topinambour…), des céréales et des légumineuses (épeautre, millet, lentilles blondes…) disparues du monde du « manger conventionnel ». Elle favorise aussi la découverte du monde végétarien (algues, graines germées, tofu, tonyu et autres dérivés du soja, lait d’amande et de riz…) couramment proposés dans les magasins d’alimentation bio. Et qui sait, elle développera peut-être chez certain le goût d’une cuisine plus imaginative ?

Manger bio, c’est bon pour la Terre

Le sol est vivant et fragile. Il contient déjà tout ce qu’il lui faut de petits organismes pour favoriser sa vitalité. L’homme peut l’aider à entretenir ce tissu d’acteurs minuscules et qualifiés en le fertilisant avec des matières organiques transformées et naturelles (voir la fiche « Pratiquer l’agriculture biologique » ). L’agriculture conventionnelle ne prend pas ce soin-là en abreuvant la terre de pesticides (c’est-à-dire de biocides, ce qui signifie littéralement « tuent la vie »), celle des herbes, insectes, organismes jugés indésirables. Les exploitants agricoles français sont d’ailleurs les plus gros utilisateurs de pesticides en Europe et les troisièmes au monde. Or, les pesticides polluent les sols qui deviennent stériles, ce qui induit l’utilisation de toujours plus d’engrais ; ils polluent l’air (plus de la moitié des produits chimiques pulvérisés retombent en pluies contenant acides sulfurique et nitrique) et l’eau (neuf rivières françaises sur dix contiennent un ou plusieurs pesticides, ainsi que la moitié des eaux souterraines, selon un rapport de l’Institut français de l’environnement). Ils ne respectent pas non plus la biodiversité en menaçant notamment de disparition les insectes utiles. De même la disparition des haies et des jachères florales, intruses dans la monoculture de champs immenses, appauvrit la diversité de la faune et de la flore. Au contraire, l’agriculture biologique redonne à chaque plante et chaque insecte sa place et son rôle (aérer la terre, limiter la prolifération d’insectes nuisibles, assister la reproduction des végétaux…). De plus, en sélectionnant les semences et les animaux les mieux adaptés à un terroir particulier, en organisant la rotation des terres, la pratique de la jachère et en favorisant les cultures associées, elle préserve la variété des espèces et des races.

Le bio, zéro défaut ?

L’agriculture bio émet, elle aussi, des gaz à effet de serre et génère donc de la pollution. L’empreinte écologique nulle n’existe pas. Mais il y a bio et bio. Ainsi, un agriculteur utilisant un intrant local (compost) plutôt qu’un guano importé d’Amérique du Sud poursuit une démarche plus respectueuse de l’environnement. De même, on peut s’interroger sur l’éthique de production et de commercialisation des aliments bio vendus dans les grandes surfaces. Celles-ci reproduisent en effet en agriculture bio le schéma productiviste dominant (monocultures « industrielles », cultures réservées à l’exportation, pour celles provenant des pays du Sud, employant peu de main d’œuvre et finissant par fatiguer les sols, prix tirés vers le bas). Enfin, le bilan écologique d’un aliment, ce n’est pas seulement son mode de production, ce sont aussi les coûts énergétiques de sa transformation et de sa conservation, l’emballage, le transport. C’est donc à chacun, dans son acte d’achat, même bio, de s’interroger et d’agir en conséquence : acheter des produits plutôt en vrac (afin de limiter les emballages) ; des fruits et légumes de saison et locaux (manger plutôt en janvier des épinards français que des haricots verts bio arrivés par avion du Kenya), préparer une salade de produits frais plutôt qu’un plat surgelé (la congélation étant un mode de transformation et de conservation très énergivore)… Plus qu’une agriculture biologique normative, peut-être peut-on souhaiter la généralisation d’une agroécologie, pratique éthique qui refuse le gaspillage des ressources végétales et animales et l’exploitation des paysans du tiers-monde, et qui prône l’équilibre, local et global, dans le respect de l’Humain et de la Nature.

Plus cher, le bio ?

C’est vrai, les aliments bio sont plus chers que ceux issus de l’agriculture conventionnelle (jusqu’à 50 % de plus, pour les produits transformés). Ces prix plus élevés s’expliquent notamment par des coûts de production plus importants qu’en agriculture conventionnelle : besoins en main d’œuvre de 20% à 30% supérieurs à ceux de l’agriculture conventionnelle pour un rendement à l’hectare inférieur, produits de traitement, frais de transformation et de distribution spécifiques plus coûteux, contrôles et certifications onéreux, pertes importantes (les fruits et légumes bio sont plus fragiles que leurs acolytes conventionnels), subventions inférieures de 20 % environ à celles de l’agriculture conventionnelle, ou encore rareté de ce mode de production. Mais si l’on veut faire des comparaisons, est-il possible de chiffrer les coûts cachés de l’alimentation conventionnelle ? Pollution des eaux et coût de cette dépollution, appauvrissement des sols, problèmes sanitaires dus aux produits chimiques ou encore destruction de l’agriculture de subsistance des paysans du Sud sont autant de conséquences que le prix des denrées non bio ne prend pas en compte. Donc, si cela coince du côté du porte-monnaie, quelques changements dans les habitudes alimentaires peuvent atténuer, voire annuler, ce surcoût :

• Remplacer les protéines animales par des protéines végétales, d’aussi bonne qualité et moins chères ;

• Favoriser les aliments de saison, moins chers aussi ;

• Privilégier les circuits courts, en s’adressant à des fournisseurs locaux spécialisés en alimentation bio pour éviter trop d’intermédiaires ;

• Acheter les justes quantités (selon une étude de l’Ademe en 2007, en moyenne 7 kg d’aliments sont jetés par an et par habitant) ;

• Utiliser des céréales complètes plus nourrissantes.

Identifier les produits bio

Chaque pays à sa conception de l’agriculture biologique, soumise à des certifications et des règlements différents.La mention « bio » ou « issu de l’agriculture biologique » sur un produit alimentaire garantit le respect de la réglementation (soit une démarche de prise en compte de la santé et de l’environnement selon des règles d’hygiène et de sécurité spécifiques, du champ à la préparation de l’aliment).En France, les logos « AB » (pour Agriculture Biologique) et le logo européen (un épis de blé cerclé de douze étoiles), facultatifs, sont les plus courants. A partir de juillet 2010, un nouveau logo bio européen sera obligatoire. Une denrée alimentaire certifiée « AB » ou portant le label bio européen doit comporter un minimum de 95 % d’ingrédients bio. L’agriculture biologique française était la plus sévère au monde. Ce n’est plus le cas depuis le 1er janvier 2009 et la mise en application de la nouvelle réglementation européenne du bio qui interdit à un pays de la Communauté d’être plus exigeant que ladite réglementation. Celle-ci d’ailleurs s’est ouverte au vin et à l’aquaculture, qui pourront désormais être labellisés bio, mais aussi aux OGM en tolérant jusqu’à 0,9 % de pollution transgénique des produits bio (reconnaissant ainsi une contamination techniquement inévitable par les OGM emportés par le vent). Elle tolère également des pratiques moins sévères comme la mixité du bio et du non bio sur une même exploitation. Le consommateur peut donc désormais s’interroger sur la qualité 100 % bio des aliments. Pour s’assurer d’une alimentation bio de qualité, l’association Bio Consom’acteurs recommande de faire plutôt ses achats chez les producteurs locaux, à la ferme ou sur les marchés, auprès d’une AMAP (Association pour le maintien de l’agriculture paysanne) ou encore dans les magasins qui maintiennent une haute exigence de qualité biologique. Et, dans cet esprit respectueux de la terre et des humains, de privilégier les aliments de saison et le commerce équitable.

Manger bio, c’est bon pour la santé

Des résidus de pesticides se retrouvent sur les fruits et les légumes non bio (selon un rapport de l’Union européenne, la présence de pesticides a été décelée dans 49,5 % des fruits, légumes et céréales produits dans l’UE en 2006, le plus haut niveau de contamination jamais enregistré). Les résultats de nombreuses études faites dans le monde (et présentées sur le site Internet du collectif ACAP, Action Citoyenne pour les Alternatives aux Pesticides), ainsi que les avis d’un certain nombre de scientifiques parmi lesquels le professeur Belpomme, cancérologue (www.artac.info ) établissent un lien entre pollution chimique environnementale et maladies (cancers, stérilité, allergies…). Les fruits et légumes bio sont exempts de ces pollutions (quasiment du moins car ils ne sont pas à l’abri d’une contamination apportée par la pluie (nitrates) ou le vent (OGM)). Une étude récente* menée par les chercheurs de l’université de Newcastle a mis en évidence un bénéfice significatif des aliments issus de l’agriculture biologique pour la santé humaine. Ces chercheurs ont démontré que les aliments bio sont riches en antioxydants (taux de 18% à 69% plus élevé que l’agriculture conventionnelle). Leur apport réduit les risques de cancers et de maladie cardiovasculaire. L’étude a également mis en exergue la faible présence des métaux lourds toxiques dans les cultures bio. Les concentrations en azote total, en nitrate, et en nitrite sont ainsi respectivement de 10%, 30% et 87% plus faibles dans les cultures bio que dans celles issues de l’agriculture conventionnelle. Enfin, les produits alimentaires bio contiennent des additifs (colorants ou conservateurs) exclusivement naturels ou bio, ce qui n’est pas le cas des produits issus de l’industrie agro-alimentaire conventionnelle dont certains additifs présentent eux aussi des risques cancérigènes et allergisants.

Manger bio, ça veut dire quoi ?

C’est se nourrir d’aliments issus de l’agriculture biologique, mode de culture et d’élevage respectueux de l’environnement, de l’homme et des animaux. C’est donc manger des fruits et des légumes cultivés sans pesticides, engrais chimiques de synthèse, ni OGM (organismes génétiquement modifiés), mûris naturellement au soleil et cueillis à maturité. C’est aussi souhaiter un mode d’élevage dans le respect des animaux, qui vivent au grand air et sont nourris eux aussi sans OGM, soignés selon des méthodes naturelles (homéopathie et phytothérapie) et sans antibiotiques ni vaccins, sauf exception. Manger bio, c’est encore être attentif au respect des sols dont on préserve la fertilité et l’activité biologique en épandant des engrais naturels et en leur laissant le temps de se régénérer. C’est également penser à la santé de l’air et de l’eau. Manger bio, c’est donc préférer une agriculture moins intensive, plus exigeante en temps et main-d’œuvre ; une agriculture qui privilégie la biodiversité, la qualité plutôt que la quantité et les petites unités de production, encourageant ainsi la survivance des paysans, et même leur multiplication, dans nos campagnes. * « Higher antioxidant and lower cadmium concentrations and lower incidence of pesticide residues in organically grown crops: a systematic literature review and meta-analyses »

Quelques liens

– « Le bio, plus riche en antioxydants : comment les pratiques agricoles impactent notre santé », de Philippe Nicot, sur le site du Nouvel Observateur.

– « Les fruits et légumes bio, plus riches en antioxydants« , de Laetitia Van Eeckhout, sur le site du Monde.

Quelques films

– « Solutions locales pour un désordre global », de Coline Serreau, coproduit par Colibris.

– « Nos Enfants nous accuseront », de Jean-Paul Jaud. – « We Feed the world », de Erwin Wagenhofer.

– « Le Monde selon Monsanto », de Marie-Dominique Robin.

Quelques livres

– « Planète Cuisine », le guide écogourmand du WWF.

– « Manger bio, c’est pas du luxe », du Dr Lylian Le Goff aux Editions Terre Vivante.

– « La stratégie du Colibri », de Séverine Millet, Editions Minerva. Cet ouvrage réunit une série d’actions concrètes, locales, accessibles et collectives.

Produire de la viande pour nous nourrir coûte très cher sur le plan environnemental et sanitaire. Au regard de l’accroissement de la population et de l’épuisement des ressources fossiles, il semble impératif de faire évoluer nos habitudes alimentaires.

Actuellement, un français consomme en moyenne 1,5kg de viande par semaine, aux grands regrets des nutritionnistes qui préconisent une consommation de 500g par semaine. Manger trop de viande engendre des répercussions néfastes sur la santé, parmi lesquelles des troubles cardio-vasculaires, de multiples cancers et de l’obésité. Ce mode de vie n’épargne guère l’équilibre des écosystèmes puisque les écologistes déplorent des déforestations massives en Amérique Latine, des conflits d’usage des terres (selon le WWF, 1kg de viande nécessite 323m2 de terre) et de l’eau (produire 1kg de boeuf nécessite plus de 15 000 litres d’eau), des pollutions dues aux effluents d’élevages, ainsi que des émissions de gaz à effet de serre (1 kg de viande serait responsable de l’émission de 34,2kg d’équivalent CO2). A cet égard, selon un récent rapport de la FAO, l’élevage était responsable de 15% des émissions annuelles de GES dans le monde en 2013. De même, dans son rapport “Les spéculateurs de la faim”, l’ONG Foodwatch dénonce la spéculation sur les denrées alimentaires qui règne sur les marchés financiers et l’atteinte portée à la sécurité alimentaire des pays du Sud.

Sur l’aspect énergétique spécifiquement, la production de viande est gourmande en énergie, en raison du transport, de l’électricité nécessaire pour le chauffage des bâtiments et la production dans son ensemble. Il est important de souligner que la production d’1 kg de viande de boeuf nécessite 7 kg à 10 kg de végétaux. Il faut donc démultiplier les dépenses énergétiques afférentes : engrais et pesticides de synthèse, tracteurs, transport… L’alimentation du bétail représente, dans le monde, 70 % des surfaces agricoles ! Au détriment de l’alimentation humaine…

Plus d’info :

– “Manger plus végétarien”, sur le site de Colibris

– “Les spéculateurs de la faim”, rapport Foodwatch 2011.

– “L’impact de la viande sur les humains, les animaux, et la planète”, sur le site Viande.info.

Les réserves d’énergie fossile s’épuisent, les rejets de gaz à effet de serre et la pollution augmente. Pourtant le nombre de voitures en circulation dans le monde ne cesse d’augmenter et, à ce rythme, le parc automobile mondial risque d’atteindre un milliard d’unités en 2030… Se déplacer autrement, c’est orienter ses choix vers des moyens de transport plus respectueux de l’environnement, et participer à la préservation des ressources naturelles, indispensables à notre bien-être. C’est surtout accepter de changer nos comportements par rapport à la mobilité…

Des impacts négatifs

Aujourd’hui, les transports représentent en France 66 % de la consommation de produits pétroliers à usage énergétique et sont responsables de 35 % des émissions de dioxyde de carbone (CO2), principal gaz à effet de serre (GES) contribuant au changement climatique (Sources ADEME). Les transports sont aussi de gros consommateurs d’espace. La multiplication des infrastructures routières (parkings, autoroutes…) et aéroportuaires contribuent massivement à la dégradation des paysages et de la biodiversité. Ils sont également sources de pollutions sonores préoccupantes pour le bien-être et peuvent entrainer dans certains cas des troubles dangereux pour la santé : stress, trouble du sommeil, fatigue, impact sur l’audition…

Se déplacer autrement

Se déplacer autrement, c’est privilégier des modes de transport plus respectueux de l’environnement. Se passer d’une voiture aujourd’hui parait parfois difficile pourtant il existe des solutions alternatives !

Utiliser l’énergie humaine

Le vélo et la marche à pied sont les transports verts par excellence ! Écologiques, sains et peu coûteux, ils sont accessibles à la plupart d’entre nous et les bénéfices pour notre santé sont importants.

Prendre les transports en commun

Utiliser les transports en commun (bus, métro, tramway) est un bon moyen de réduire son impact environnemental. En autobus ou en train, un passager émettra 3 à 4 fois moins de GES qu’en voiture.

Partager un véhicule

S’il est parfois difficile de se passer de son véhicule, il est possible de pratiquer l’autopartage ou le covoiturage. Cela permet de réduire les frais pour le conducteur et aussi de développer la convivialité et le partage. Voir la fiche pratique « Mettre en place un système de covoiturage »

Monter des projets collectifs

Les Plans de Déplacement d’Entreprise permettent de réduire l’utilisation de la voiture particulière dans les déplacements domicile-travail et professionnels. Voir le site de l’Ademe Les Pédibus sont des ramassages scolaire à pied, organisés entre parents d’élèves. Voir la fiche pratique « Mettre en place un Pédibus » Pour connaître les moyens de transport écologiques disponibles près de chez vous et les projets en cours, vous pouvez contacter votre mairie.

Accepter de changer son comportement

Les progrès technologiques permettent de diminuer l’impact négatif des transports sur l’environnement (développement des voitures électriques, des biocarburants…) mais ils ne représentent pas toujours des solutions durables. Ils sont également responsables de l’exploitation des ressources naturelles et génèrent des quantités importantes de déchets en fin de vie. Seuls, les progrès techniques ne permettront pas de réduire suffisamment notre impact sur l’environnement. Ils doivent être accompagnés d’un profond changement de comportement et de nouvelles pratiques sociales.

Prendre du temps pour soi

Utiliser des modes de déplacement plus respectueux de l’environnement signifie prendre plus de temps pour se déplacer. Un trajet à pied, en vélo, ou en transport en commun est souvent plus long qu’en voiture ou en avion. Mais prendre le temps de se déplacer ne veut pas forcément dire que l’on perd son temps… Ces moyens de transport permettent au contraire de prendre le temps d’écouter de la musique, d’observer le paysage, de lire ou de se détendre.

Adopter le « Tourisme lent »

Le tourisme lent (ou « slow-tourisme », en référence au mouvement Slowfood) consiste à partir moins souvent mais plus longtemps afin de vivre au rythme de la population locale. Le premier principe du tourisme lent est de prendre son temps et donc de privilégier les destinations proches et les moyens de transport moins polluants tels que le train, le vélo, le bateau… et surtout éviter les trajets en avion responsable de 5% des émissions mondiales de GES. Le slow-tourisme est une alternative qui vise à combiner respect de l’environnement, préservation des spécificités locales et plaisir de voyager. Lors de ces voyages, les déplacements ne sont pas seulement considérés comme des trajets permettant de se rendre d’un point à un autre, ils font partie intégrante du voyage.

La gestion naturelle de ses espaces verts a pour principe de respecter au mieux les rythmes, les logiques et les lois de la nature. Ainsi, elle favorise l’utilisation de produits issus de la nature (engrais verts, pesticides naturels…) et la pratique de connaissances ancestrales (cycles lunaires, jachère, alternance de culture, association de légumes et/ou de fleurs…). Elle exclut donc l’usage de produits chimiques nuisibles à la santé de l’homme et de son environnement. Par ailleurs, un soin particulier est apporté à l’approvisionnement en eau afin d’en limiter la consommation (paillage, goutte à goutte, récupérateur d’eau de pluie…).

Qu’est-ce qu’un potager bio ?

Aujourd’hui, dans le monde entier et plus encore dans notre société occidentale, chacun de nous est largement dépendant de l’industrie agro-alimentaire et du commerce mondial pour s’alimenter. Cultiver ses aliments, au moins en partie, cela signifie s’autonomiser d’un système qui repose aujourd’hui sur l’injustice sociale et la dégradation accélérée des ressources naturelles. C’est aussi garder le contrôle sur la production et s’assurer de la qualité de ce que l’on mange. Et puis, à condition d’y mettre un peu d’énergie (humaine !), cela peut engendrer des économies substantielles dans un budget un peu trop serré ! Pour prendre la responsabilité de ce que l’on mange, la première idée est de produire soi-même. 200 m² doivent permettre d’obtenir une production adaptée pour 4 personnes. On peut au minimum commencer par quelques pots, des herbes aromatiques, comme le thym, la ciboulette, le persil, etc. N.B. : à l’heure actuelle, en France, environ 10 % des pesticides pulvérisés le sont dans les jardins amateurs.

Créer son potager bio comporte de nombreux avantages

Contribuer à se nourrir par soi-même et sainement ; gagner en autonomie ; Se reconnecter à la terre, au vivant, à la nature ; Apprendre et comprendre comment poussent les fruits, les légumes, les céréales, découvrir les spécificités du sol, des semences, etc. ; Participer à la sauvegarde des terres nourricières, de la biodiversité, des variétés anciennes de semences.

Comment créer son potager bio ?

Le mois de mai est le bon moment pour commencer un potager car c’est la grande époque des semis et des plantations. Voici les étapes à suivre : Avant de préparer le terrain, il convient de définir sa taille idéale. Commencer petit, il sera temps, l’année prochaine, d’agrandir la surface cultivable. L’idéal est de choisir un endroit ensoleillé, plat et proche de la maison afin d’y accéder facilement. Votre potager peut être en ligne, en planche, en carré ou surélevé, à vous de choisir. Mais sachez que rectiligne, le potager conventionnel a l’avantage d’être simple à dessiner et fonctionnel, surtout si on trace deux grandes allées, en croix, permettant le passage d’une brouette, et des petits chemins menant à chaque planche. Matérialiser les voies avec des matériaux de récupération comme des briques pilés ou de l’ardoise concassée, des plaquettes de chêne, des bandes de pelouse ou tout simplement des planches ou dalles de bois. Les potagers en hauteur, très décoratifs et faciles à travailler par tous, peuvent être bordés de bois tressés, de planches ou de pierres. Les mauvaises herbes s’y ressèment moins et la terre est plus chaude. Il vous faudra ensuite connaître la terre. Il est possible de la faire analyser : des laboratoires spécialisés indiqueront, après examen, les améliorations à apporter (comme le LAMS de Claude et Lydia Bourguignon http://www.lams-21.com/). Pour bien démarrer, retirer toutes les herbes, les racines, les cailloux, ensuite, crocheter puis ratisser. Pour les cultures suivantes, on utilisera une bêche écologique qui permet de bêcher la terre sans la retourner pour ne pas perturber la vie du sol. Vous pouvez maintenant commencer à planter. Nous vous conseillons de commencer par des légumes faciles à cultiver, comme des radis, des navets, des tomates, des salades à repiquer. Sachez aussi que cultiver des plantes aromatiques et des fleurs dans son potager est primordial, car plus il y a de diversité au jardin moins il y a de maladies et d’invasion d’indésirables.

Le compostage individuel :

Il permet de conjuguer jardinage et écologie. En effet, les déchets organiques biodégradables (alimentation, jardin) constituent un excellent apport organique pour le sol. Ils représentent 1/3 de nos poubelles. Cinq millions de français ont déjà adopté le composteur individuel. En effet, dans le cadre de l’Agenda 21, de nombreuses communes en proposent à moindre coût. Le compostage est un procédé de dégradation biologique maîtrisée de matière organique en présence d’air. Après quelques mois, la fermentation produit un mélange comparable au terreau : le compost. Le compostage en tas se pratique depuis longtemps déjà. L’utilisation d’un composteur individuel présente toutefois certains avantages : esthétique, propreté, gain de place, protection contre les animaux indésirables… Plusieurs formes existent : en fût, en silo ainsi que le vermicompost ou lombricompost. Grâce à ces méthodes, le compostage en milieu urbain est également possible.

3 étapes clés pour un bon fonctionnement :

  • Respecter le rapport carbone/azote en mélangeant bien déchets azotés (épluchures, pelouse) et carbonés (paille, petites branches).
  • Aérer périodiquement : en brassant durant 10 mn avec une fourche tous les 3 mois.
  • Humidifier régulièrement avec épluchures et herbes. Attention trop d’humidité peut engendrer de mauvaises odeurs, penser à ajouter branches, paille, papiers, carton.

Pour plus de détails techniques voir aussi Composteurs collectifs

Quelles sont les structures qui peuvent vous aider ?

Terre Vivante

Centre écologique Terre Vivante à Mens 38 : édition livres, revue « Quatre saisons du jardinage ». Stages, ateliers. Site très complet et riche de conseils, trucs et astuces.

Les Jardiniers Essaimeurs

Au Petit Potager

Site d’annonces gratuites pour vendre, échanger, donner fruits, légumes, graines, louer des potagers.

Compostage Pour bien comprendre les processus biologiques du compostage http://www.ete.inrs.ca/pub/capsci/INRSci08-03.pdf Guide complet sur toutes les techniques de compostage http://www.compostage.info

Quelques lectures :

  • Revue « Les quatre saisons du jardinage » 6 numéros/an – 100 pages – une mine d’informations. Ed° Terre Vivante
  • « Les bonnes associations au potager », de Noémie Vialard, Editions La vie en vert/Rustica
  • « Le poireau préfère les fraises », de Hans Wagner, Editions Terre Vivante
  • « Jardin écologique sans pesticides ni engrais », de Eric Masson, Ed° Eyrolles
  • « Soigner le jardin par les plantes », de Philippe Delwiche, Ed° Nature et Progrès
  • « Votre potager biologique », de Vincent Gerbe Ed° Dangles.
  • « Une bonne terre pour un beau jardin », de Rémy Bacher, Ed° Terre Vivante.
  • « Le petit livre du compost », d’Allan Shepherd, Ed° Larousse.
  • « Composts, engrais et traitements bio », de Victor Renaud Ed° Planète Jardin/Rustica
  • « Comment faire son compost et ses engrais », de Noémie Violard Ed° Rustica
  • « Les engrais naturels » (Collectif) Ed° Artémis
  • « Le compost », de Pascal Facy Ed° Eyrolles
  • « Faire son compost », de Jean-Michel Groult Ed° Ulmer.

Ils l’ont fait !

« Le projet d’appliquer la gestion différenciée et des méthodes d’entretien respectueuses de l’environnement qui lui sont associées, vient d’une volonté politique de moins polluer, de consommer moins d’eau… Des textes de lois sur la protection de l’eau notamment ont incité cette évolution. La prise de conscience des jardiniers sur l’impact de leurs gestes au quotidien associée à la prise de conscience de tous les niveaux de décision concernant leurs responsabilités pour assurer des espaces verts plus sains s’est développée progressivement mais constamment depuis le plan climat, l’agenda 21.. L’enjeu des espaces verts dans une Ville aussi dense que Paris est multiple : -Social. Ce sont les seuls espaces gratuits ouverts à tous. Ce sont des lieux de détente, de loisirs, de jeux, de rencontre. Les jardins font partis de la culture française. Ils embellissent la ville à l’avantage du bien être des citadins. -Environnemental. Les espaces verts sont des lieux plantés de végétaux qui rendent des services aux citadins. Ils permettent un contact de l’homme avec la « nature » dans un milieu artificiel. Ils absorbent le CO2, les poussières, abaissent la température ambiante. Mais l’entretien de ses espaces verts génère des consommations en eau, l’utilisation de matériel mécanique, l’utilisation de fertilisant, d’amendements…Les espaces verts sont des lieux de vie qui peuvent se révéler tout ou partie favorable à la biodiversité ; son émergence et sa préservation.-Economique. Les espaces verts sont sources d’emplois directs et indirects. Ils ne sont pas la source de beaucoup de recette mais représente un certains nombres de postes de dépenses ; eau, achats de matériaux et matériel… Ainsi, la Ville de Paris applique des modes de gestion qui s’inscrivent dans le développement durable et applique de ce fait des pratiques dites environnementales à l’entretien de ses espaces verts. Les choix et méthodes d’entretien sont définis selon les trois piliers du développement durable (le social, l’économie et l’environnement) et sont le reflet de compromis entre l’histoire des jardins, les usages et la nécessité de favoriser la biodiversité en préservant l’environnement. C’est l’application de la gestion différenciée qui permet de créer des espaces verts avec un peu plus de « naturel ». » Barbara Lefort, Direction des Espaces Verts et de l’Environnement de la Ville de Paris

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Les temps forts de l’année 2025, en images, en textes et en liens ! https://colibris-lemouvement.org/actualites/temps-forts-lannee-2025-en-images-en-textes-et-en-liens https://colibris-lemouvement.org/actualites/temps-forts-lannee-2025-en-images-en-textes-et-en-liens#respond Tue, 30 Dec 2025 23:00:00 +0000 https://colibris-lemouvement.org/magazine/temps-forts-lannee-2025-en-images-en-textes-et-en-liens Janvier

Une campagne de fin d’année portée par la générosité de nos donatrices et donateurs. Près de 80% de nos financements viennent de dons privés. La générosité et la solidarité sont au cœur de notre capacité à soutenir les personnes et les organisations qui s’engagent pour une transition juste et démocratique. Plus de 100 000 euros ont été collectés durant la campagne d’appel à dons 2024.

Créer du lien et de la coopération en prenant soin du littoral à Agde. Samedi 25 janvier 2025, le groupe Colibris d’Agde a réuni  une quarantaine de parents et d’enfants étaient  réunis au cours d’une séance de sensibilisation et d’éducation autour un  Ciné-débat et un défi #StopMégots.

Retrouvez l’article complet

Février

Atelier de travail sur la mobilité douce au Mesnil-Saint-Denis
Un atelier de formation pour la mobilité douce s’est déroulé samedi 1er février avec le groupe local Colibris du Mesnil-Saint-Denis, dans les Yvelines. Une douzaine de personnes se sont réunies, dont deux élu.es locaux rejointes par deux personnes à distance. Prochaines étapes ? Changer de braquet ! le GL va tester des vélos, faire des choix techniques, établir une convention avec la mairie pour un local puis tester le processus de mise à disposition des vélos et remorques.

Rencontre du réseau Colibris à Paris
Des représentants des groupes locaux se sont réuni•es à Paris pour travailler sur leurs projets, leurs statuts et discuter notamment des enjeux de communication du Mouvement Colibris.
Découvrez la carte de nos groupes locaux en France

Le Mouvement Colibris et la Nef, pour un partenariat solidaire !
Le saviez-vous ? Tout épargnant.e à La Nef, pour la banque éthique peut choisir de donner tout ou partie des intérêts perçus sur son produit d’épargne à une association partenaire. Notre association est l’une d’entre elles ! Grâce au partenariat qui nous unit, en 2024, ce sont 52 339€ qui ont été versés au Mouvement Colibris. Nous remercions chaleureusement les épargnantes et épargnants qui ont fait ce choix. Retrouvez notre post LinkedIn

Mars

Formation à Bordeaux de « L’enquête au récit »
Eric et Virginie ont organisé une formation à la méthode « De l’enquête aux récits » pour le groupe local Colibris de Bordeaux. Objectif ? Accompagner ce groupe en pleine renaissance pour écouter, comprendre et raconter son territoire, et ainsi agir concrètement pour des transitions écologiques et sociales durables. 

Retrouvez notre article sur cette formation

Un atelier de réparation textile à Luchon
A Luchon, aux pieds de Pyrénées, un atelier couture zéro déchet apporte, créé du lien et de la coopération à l’échelle locale, autour de la réparation et de la réutilisation textile, une réponse concrète à un enjeu de la transition écologique.

 Retrouvez l’article sur notre site  

Avril

Un cycle d’information et de formation sur la Sécurité sociale de l’alimentation
C’est un paradoxe bien français : dans un pays riche, plus de 10 % de la population ne mange pas à sa faim, ou pas de manière saine, chaque jour. Pourtant, la France a signé la Déclaration universelle des droits humains, qui affirme : « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation… ». Ces conférences en ligne ont permis de mieux comprendre les enjeux et les modalités d’un système de Sécurité sociale de l’alimentation. Retrouvez le lien vers le Replay de la conférence

Notre soutien à Wild Legal
Nous avons soutenu le lancement par Wild Legal d’une formation en ligne sur les droits de la Nature pour outiller et rassembler celles et ceux qui veulent rejoindre le mouvement Wild Legal… Une vingtaine de vidéos de cours, des entretiens avec les pionnières et pionniers de ce mouvement dans le monde, des exercices et des cas pratiques… Le tout, créé par Juliette Fischer, ingénieure pédagogique et Marine Calmet, présidente. Retrouvez le post LinkedIn


Mai

Les visites apprenantes du programme Jeunes
Dans un monde en quête de repères, les jeunes portent un potentiel, une énergie et une créativité essentielles à la transition écologique et citoyenne. Le Mouvement Colibris a choisi de leur faire une place pleine et entière et a organisé, avec le soutien de la Fondation SNCF des rencontres intergénérationnelle notamment avec des groupes locaux Colibris. Et ici l’article complet

Festival Printemps des Colibris à Agde
Le 18 mai 2025, le groupe local Colibris agathois a organisé le festival « Le Printemps des Colibris ». Une fête qui a permis de renforcer ses liens avec les partenaires, les associations et les institutions locales. En savoir plus sur le Printemps des Colibris agathois

Table-ronde HOP contre l’obsolescence programmée
Le 14 mai 2025 Mathieu, responsable systèmes d’informations du Moouvement Colibris a participé à une table-ronde sur la fin de Windows10 à l’invitation de HOP – Halte à l’obsolescence programmée. Fin 2025, l’association HOP et une coalition d’ONG ont réussi à faire étendre la durée de maintenance de Windows10 par Microsoft. Lire notre post LinkedIn

Un webinaire sur la joie et la danse pour résister aux discours de haine.
Découvrez comment danser permet de résister aux discours de haine. C’est ce que vous a proposé le Mouvement Colibris au cours d’un webinaire apprenant pour les bénévoles de nos groupes locaux. Tout au long de l’année le Mouvement organise des webinaires apprenants pour ses membres. Au programme : la communication locale, enquêter sur son territoire… Retrouvez l’article sur la joie et la danse pour résister aux discours de haine.

Juin

Séminaire Cercle d’orientation 2025 à Versailles
Le Cercle d’Orientation (CO) du Mouvement Colibris s’est réuni en juin 2025 dans un tiers-lieu à Versailles. Cet équivalent de l’Assemblée Générale, est composé de tous les fondateurs, de personnes de l’équipe opérationnelle (pas plus de 15% du CO), d’un représentant de chaque groupe local « protocolé » et de cotisants tirés au sort. Ce cercle débat des grandes orientations stratégiques de l’association. En savoir plus sur notre gouvernance 

Découvrez notre Rapport Annuel 2024 !
L’année 2024 fut, pour beaucoup d’entre nous, une période de défis et d’incertitudes. Dans ce contexte complexe, le Mouvement Colibris a choisi de se mettre à l’écoute de ses parties prenantes, de se recentrer sur l’essentiel de sa mission et de renforcer ses liens internes et de partenariats. C’est avec humilité que nous vous invitons à découvrir le fruit de ce travail collectif dans notre Rapport Annuel 2024 !

Juillet

Soutien à la mobilisation contre la loi Duplomb
Le Mouvement Colibris s’est mobilisé pour appeler à signer la pétition contre la Loi Duplmob. Alors que plus de 2,1 million de citoyennes et citoyens ont signé cette pétition la loi a été promulguée par le Président de la République après une censure partielle du Conseil Constitutionnel. C’est une décision décevante, contre le vivant et la santé humaine.
Retrouvez l’article qui récapitule notre soutien à cette pétition 

Festival co-construire
Eric et Floriane ont participé au festival CO-construire, des expériences irréversibles de coopération, à Tournai, en Belgique du 2 au 4 juillet. Ensemble, iels ont présenté la démarche en cours d’expérimentation de l’enquête aux récits pour changer de regard sur nos territoires vécus. C’est une démarche qui s’appuie à la fois sur les principes de l’éducation populaire et de la recherche action. Spécialement pour co-construire iels ont questionné nos rapports aux vivants non humains et les conditions pour ajustés des espaces de coopération avec elles/eux.

Août

Les Colibris en Conférences
De Bordeaux, à Tournai en passant par Jambville, des membres de l’équipe salariée ont été rencontrer les personnes et les organisations qui se mobilisent pour une transition juste et démocratique en France et en Belgique. L’occasion d’échanger, de créer du lien ,de penser des coopérations ! Retrouvez les actualités sur nos interventions dans la lettre mensuelle des Colibris de juillet 2025




Kembs : un nouveau bâtiment de l’épicerie solidaire du GASPR (Groupe d’achat solidaire du Pays rhénan)

Dimanche 31 août, l’épicerie solidaire du GASPR a inauguré ses nouveaux locaux sur les terres de l’espace maraîcher de l’Archipel. Comme le rappelle, le journaliste Jean-Luc Nussbaumer : « En septembre 2018, enfanté en 2017 par l’association des Colibris de Kembs, le GASPR (Groupe d’achat solidaire du Pays rhénan) inaugurait son local dans la rue de la Promenade, à Kembs-Loechlé. « Bien plus qu’un simple dépôt, ce sera un lieu de rencontre, de partage et d’activité », avait alors déclaré Brice Laloy, conseiller municipal délégué à l’environnement, cofondateur du groupe local Colibris, du GASPR, de G’Rhin de sel et trésorier de l’Archipel. » Encore une preuve de la permanence de la vision des Colibris : « l’échelle locale est celle qui permet d’initier de profondes transformations pour protéger les territoires, les écosystèmes, les cultures et favoriser une bascule de notre société. »
Lire l’article du quotidien l’Alsace


Septembre

Séminaire équipe salariée et membres du cercle de pilotage
En septembre, l’équipe opérationnelle des Colibris (salarié·es) et la gouvernance (membres cotisant·es et bénévoles) se sont réunies dans la Drôme, aux pieds du Vercors.
Un temps fort pour : Faire le point sur le contexte politique, social et économique troublé en France et à l’international. Célébrer l’engagement de la vingtaine de groupes locaux actifs, des bénévoles, de l’équipe salariée et de la gouvernance. Faire émerger des idées nouvelles pour mieux nous relier et coopérer. Planifier notre fin d’année 2025 et 2026, avec une vision sur 2027. Réfléchir ensemble à l’évolution de notre gouvernance participative, près de 20 ans après la naissance du Mouvement. Cette rencontre a été facilitée par l’Université du Nous (UdN).

Inauguration de l’espace cyclable au Mesnil-Saint-Denis avec les vélos cargos en partage
Le projet a été initié début 2025 au Mesnil-Saint-Denis par le groupe local Colibris, et nous en avons soutenu la structuration pour l’obtention d’un financement pour une initiative de mobilité douce. Aujourd’hui, ils expérimentent la mise à disposition de vélo cargo et de remorque vélo dans la ville. En 2026, nous allons continuer à les accompagner, pour renforcer l’engagement sur les questions de mobilité et de préservation de la biodiversité au travers le compostage.


Octobre

Atelier « Prendre soin du mouvement bénévole », Luchon 

Pour soutenir nos bénévoles et passer d’un risque d’épuisement à une culture du soin, le Mouvement Colibris a choisi d’expérimenter une démarche de recherche-action participative, soutenue par le FDVA, aux côtés du Mouvement pour l’économie solidaire (MES) et du collectif des Allumeuses.bzz. L’objectif : comprendre les causes de l’usure bénévole et inventer des pratiques qui cultivent une véritable « culture du soin », pour les personnes et pour le collectif. Deux groupes locaux Colibris se sont portés volontaires : Mesnil-Saint-Denis et Luchon — deux territoires, deux contextes, une même aspiration : retrouver de la joie, de la robustesse et de la coopération dans l’engagement citoyen. Retrouvez l’article sur notre expérimentation pour prendre soin

Formation : écologie, faire face aux enjeux ensemble
Pour construire le monde demain, nous devons nous organiser. Et pour cela nous devons nous former. Au Mouvement Colibris, nous mettons en place des formations en ligne et en présentiel pour répondre aux besoins actuels des territoires (SSA, numérique libre, coopération territoriale, écologie et vivre ensemble …). En 2026, nous allons renforcer nos cycles de formation pour que l’écologie reste au service de la démocratie !

Mairie.me : Un engagement collectif pour la démocratie.

En tant que membres du Collectif pour la Transition Citoyenne (CTC), nous partageons et défendons une même ambition : faire advenir une société écologique, solidaire et démocratique. Depuis la fin 2025 nous sommes engagés dans la campagne mairie.meEn mars 2026, les élections municipales seront un levier clé pour répondre aux crises sociales et écologiques que nous traversons. Avec la campagne Mairie me, et en alliance avec 34 organisations, nous appelons les citoyen·nes à élaborer ensemble un Pacte pour la Transition et à interpeller les candidat·es aux municipales.Une approche collective et non-partisane qui part des besoins locaux pour proposer des solutions concrètes. 

Retrouvez le site de mairie.me : https://mairie-me.org/a-propos 

Novembre

Un cycle de formation pour un Numérique éthique et frugal
De l’Ukraine aux réseaux sociaux, des data centers aux mines de métaux rares, les GAFAM imposent un numérique extractiviste et violent, qui fragilise nos sociétés et abîme la planète. Mais des initiatives existent pour réduire les impacts toxiques du numérique dominant. Le 5 novembre 2025, le Mouvement Colibris a organisé une web-conférence avec Pierre-Yves Gosset, de Framasoft, Floriane Hamon, co-coordinatrice du projet booture et Fabien Lebrun, sociologue, auteur de « Barbarie numérique ». Près de 300 spectateur⋅ices ont participé à cette soirée organisée par le Mouvement Colibris pour questionner la place du numérique dans nos vies et imaginer des alternatives solidaires et soutenables.
Retrouvez la web conférence

Erasmus+ : Cultiver ensemble l’engagement des jeunes pour la transition écologique
En 2025, le Mouvement Colibris participe au programme Erasmus+, une initiative européenne dédiée à l’éducation, la formation, la jeunesse et le sport. Notre objectif ? Renforcer le pouvoir d’agir des jeunes face aux défis climatiques et sociaux, en leur offrant des outils pour se sentir et être considéré.es comme des acteur·ices légitimes de la transition écologique et solidaire. Lire l’article sur nos actions dans le cadre du programme Erasmus+

Quand un territoire se mobilise : récit d’une rencontre en Pas-de-Calais
En novembre 2025, le Mouvement Colibris a animé un atelier à Attin, près de Montreuil-sur-Mer, au tiers-lieu de la Plume à Loup. L’occasion de vivre une formation immersive, « De l’enquête au récit », et de découvrir comment des habitant·es, collectifs citoyens et acteur·rices locaux transforment leurs indignations en leviers d’action. Retrouvez l’article sur la formation 


Décembre

Campagne d’appel à dons

Démocratie, solidarité, écologie, aujourd’hui tout semble vaciller. C’est pourquoi il nous faut construire le monde de demain, dès aujourd’hui. Au Mouvement Colibris, nous croyons que changer le monde commence par l’action collective et le soin porté au vivant.
Il s’agit de notre avenir commun. De notre capacité à protéger ce qui peut encore l’être. Pour nous mais avant tout pour nos générations futures. Alors pour que l’espoir d’aujourd’hui fasse naître le monde de demain, c’est à nous d’agir ! Retrouvez le site de campagne

Atelier de réparation à Thouars
Réparer pour moins jeter, c’est le maître mot de l’atelier de co-réparation du groupe Colibris de Thouars, dans les Deux-Sèvres. Les bénévoles se mobilisent pour accompagner les habitant·es et inventent, avec les collectivités locales, un territoire plus résilient. Retrouvez l’article sur l’atelier de réparation de Thouars 

Le Film Demain 10 ans après
Il y a 10 ans, Cyril Dion (ancien directeur du Mouvement Colibris) et Mélanie Laurent faisaient un film pour répondre à une question cruciale : comment éviter la catastrophe écologique annoncée et construire un avenir viable pour nos enfants ? Un défi pour lequel le Mouvement Colibris se mobilise et agis depuis 2007. 10 ans plus tard, le message de « Demain » est toujours d’actualité. Et au Mouvement Colibris, nous sommes toujours convaincu·es que chacun·e peut faire sa part, ensemble, pour protéger ce qui nous est cher, ce que nous avons en commun : nos valeurs, le vivant, notre société, notre démocratie, nos territoires… Retrouvez le post LinkedIn sur la « ressortie » du film Demain

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WEBCONFÉRENCE : Reprendre la main sur le numérique https://colibris-lemouvement.org/actualites/webconference-reprendre-main-sur-numerique https://colibris-lemouvement.org/actualites/webconference-reprendre-main-sur-numerique#respond Tue, 11 Nov 2025 23:00:00 +0000 https://colibris-lemouvement.org/magazine/webconference-reprendre-main-sur-numerique

De l’Ukraine aux réseaux sociaux, des data centers aux mines de métaux rares, les GAFAM imposent un numérique extractiviste qui fragilise nos sociétés et abîme la planète. Mais des initiatives existent pour réduire les impacts toxiques du numérique dominant. Le 05 novembre 2025, le Mouvement Colibris a organisé une webconférence avec Pierre-Yves Gosset, de Framasoft, Floriane Hamon, co-coordinatrice du projet booture et Fabien Lebrun, sociologue, auteur de « Barbarie numérique« . Près de 300 spectateur⋅ices ont participé à cette soirée organisée par le Mouvement Colibris pour questionner la place du numérique dans nos vies et imaginer des alternatives solidaires et soutenables. Retours sur les quatre temps de cette conférence.

Les constats

Les trois intervenants – Pierre-Yves Gosset (Framasoft), Floriane Hamon (Mouvement Colibris) et Fabien Lebrun (sociologue, auteur de « La barbarie numérique ») – ont dressé un tableau sans concession d’un numérique dominant qui détruit le lien social, la planète et des vies humaines.

Pierre-Yves Gosset a rappelé la surveillance généralisée révélée par Edward Snowden : nos usages en ligne sont captés, analysés et monétisés par un petit nombre d’acteurs – Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft. Il décrit ce modèle comme un capitalisme de surveillance, où nos comportements deviennent matière première à profit. Face à cette triple domination – technique, économique et culturelle – il rejette le terme de souveraineté numérique et lui préfère celui d’autonomie stratégique : construire un numérique local, coopératif et non soumis aux logiques capitalistiques.

Fabien Lebrun a souligné la matérialité du numérique : derrière l’idée trompeuse de « dématérialisation » se cache une industrie très concrète, fondée sur l’extraction de dizaines de métaux rares. Chaque année, près de 1,5 milliard de smartphones sont produits, nécessitant de nombreux éléments métalliques. Cette dépendance alimente des guerres de ressources, notamment en République Démocratique du Congo, où l’exploitation minière s’accompagne de millions de personnes déplacées, de violations massives des droits humains et de dégâts écologiques irréversibles.

En France, la fracture numérique s’agrandit. Floriane Hamon nous en a donné quelques chiffres : 15,7 % des Français·es de plus de 15 ans sont en situation d’illectronisme, et 30 % ont de faibles compétences numériques. Conséquence directe, la numérisation des services publics exclut de nombreux citoyens, pendant que les outils numériques de surveillance renforcent les inégalités : les personnes plus précaires sont les plus contrôlées. À cela s’ajoutent les effets néfastes des écrans sur la santé mentale, en particulier chez les jeunes avec leurs corollaires, hyperconnexion, isolement et sentiment de solitude.

Les promesses trahies d’Internet

Pierre-Yves Gosset a pu rappeler qu’Internet est né dans les années 1960 au sein de la DARPA, agence militaire américaine, avant de devenir un outil de recherche universitaire, puis un espace public dans les années 1990. Mais, d’après lui, cette promesse d’un Web ouvert et horizontal a été trahie : les plateformes commerciales ont pris le pouvoir, transformant le réseau en marché mondial de la donnée. Les promesses d’émancipation, de démocratie et d’accès universel à la connaissance se sont muées en captation, manipulation et désinformation.

Floriane Hamon a pour sa part souligné que les algorithmes des GAFAM décident désormais ce que nous voyons et ce que nous ignorons ; la visibilité se paie, renforçant les inégalités.

Questionné sur l’utilité des réseaux sociaux pour organiser des mouvement sociaux (les Printemps arabes par exemple), Fabien Lebrun a appelé à ne pas fantasmer la puissance des réseaux sociaux : « Les grandes mobilisations ne se font pas en ligne mais dans la rue. Certes, la toile n’existait pas, mais Mai 68 s’est fait sans Internet ». Il invite à replacer la technologie à sa juste place, comme outil au service de l’action collective.

Pour vous inscrire au webinaire apprenant du 17 novembre 2025 : Dessine-moi Internet !


Des alternatives existent

Les trois intervenant·es ont par ailleurs rappelé qu’un numérique émancipateur est possible, fondé sur la coopération et la sobriété. Ce numérique émancipateur se base sur l’utilisation de logiciels libres et des outils coopératif, sur la réparation et la prolongation du matériel, et enfin sur le contrôle collectif des outils numériques.

Le tout, lié à une utilisation sobre et limitée des outils numériques. Floriane résume : « Le numérique, c’est aussi peu que possible, mais autant que nécessaire. » Avec Framasoft, le Mouvement Colibris a rejoint le collectif CHATONS dès 2017 et accompagne ses groupes locaux vers des pratiques numériques libres et durables. Des ateliers de réparation, comme à Thouars, prolongent la vie du matériel et favorisent l’autonomie technique.

Pour Pierre-Yves Gosset, s’inspirant d’Ivan Illich (1926-2002, penseur allemand de l’écologisme et figure importante de la critique de la société industrielle), un numérique émancipateur est convivial : il n’aliène pas, il est compréhensible, réparable et collectif. Les communs numériques (Distribution Linux, Wikipédia, Framasoft) incarnent cette vision : des outils gérés ensemble et hors du marché.

La booture pour reprendre la main sur vos usages numériques


La « booture » : un outil concret d’émancipation

Présenté par Floriane Hamon, le projet « booture » (Boîte à Octets Ouverts pour Transformer nos Utopies en Réalités Émancipatrices) s’inscrit dans cette dynamique. Il s’agit d’un petit d’un petit ordinateur réemployé et frugal transformé en serveur à l’aide de Yunohost, YesWiki, Ritimo et le Réseau des Ressourceries. Cette initiative est issue du prototype CLIC. Il permet à des associations, collectifs ou tiers-lieux de stocker, échanger, bref, gérer localement leurs outils et leurs données. À la fois technique et politique, ce dispositif incarne l’idée d’un Internet local, coopératif et sobre.

Une phase d’expérimentation débutera début 2026 dans la Drôme, accompagnant plusieurs organisations de la société civile dans la prise en main de ces solutions. Le projet s’appuie sur le réseau du monde du libre et sur l’annuaire Émancipasso, afin de mutualiser compétences et soutiens.

Cette webconférence riche et animée par des nombreuses questions a montré que reprendre la main sur le numérique n’est pas seulement une affaire d’outils, mais un enjeu démocratique, écologique et social majeur. Sortir du techno-solutionnisme, rompre avec la dépendance aux géants du numérique, et reconstruire un Internet au service du bien commun : voilà le chantier à poursuivre.

AGIR POUR S’ÉMANCIPER

Les participant·es ont posé de nombreuses questions et nous ont demandé de leur fournir des références, des liens et des ressources pour agir concrètement à la suite de cette webconférence. En voici quelques uns :

Framalibre.org
Un annuaire collaboratif qui recense plusieurs centaines de logiciels libres classés par usages : bureautique, communication, éducation, graphisme, etc.Chaque fiche présente les fonctionnalités, la licence et des liens directs pour télécharger ou tester l’outil. https://framalibre.org/

Telecoop 

TeleCoop, c’est le premier opérateur français télécom coopératif qui propose des forfaits sans engagement pour les particuliers et les entreprises.  www.telecoop.fr 

Fairphone
Un smartphone éthique, réparable et modulable, conçu pour allonger la durée de vie des appareils et réduire l’impact environnemental.L’entreprise s’engage pour une chaîne d’approvisionnement plus juste, en luttant contre les minerais de conflit et en garantissant des conditions de travail décentes. https://www.fairphone.com/fr  

APRIL – Association pour la Promotion et la Recherche en Informatique Libre
L’une des principales associations françaises de plaidoyer pour le logiciel libre.Elle agit depuis 1996 pour sensibiliser citoyens, associations et institutions publiques aux enjeux politiques, économiques et sociaux du numérique libre.
https://www.april.org/

GULL – Groupes d’Utilisateurs de Logiciels Libres
Des collectifs locaux d’entraide qui accompagnent les particuliers, associations et collectivités dans l’installation et l’usage des logiciels libres.Ils organisent régulièrement des ateliers, “install parties” et formations pour découvrir Linux, LibreOffice, Firefox ou d’autres outils libres. https://aful.org/gul/liste 

Passer de Microsoft à Linux
Vous voulez vous émanciper de Microsoft et de son système d’exploitation Windows ? Pas de panique, il y a des alternatives, comme Linux. Et bonne nouvelle, vous pouvez retrouvez des groupes d’installation Linux dans votre région.
Par exemple : pour Marseille : https://www.meetup.com/fr-FR/plugfr/ ; pour Paris : https://parinux.org/ 

Framaspace
Une plateforme collaborative libre proposée par Framasoft, alternative éthique au “cloud souverain” des GAFAM.Elle permet aux associations de créer des espaces partagés (documents, agendas, visios, messageries) sans publicité ni exploitation de données personnelles. https://www.frama.space/abc/fr/ 

Sortir mes mails des GAFAM
Vous aussi vous pensez qu’utiliser Gmail (ou les autres géants  d’internet) ce n’est plus acceptable ? Vous savez déjà que ces  fournisseurs de mails sont des ogres qui dévorent vos données, votre vie  privée et qui polluent allégrement ! Oui… Mais comment sortir de ces  fournisseurs ? Changer pour un mail plus éthique? Quelles sont les  alternatives ? https://www.demailnagement.net/

S’INFORMER 

Le numérique pour éduquer à l’environnement : « Aussi peu que possible, mais autant que nécessaire »
Un article du magazine Symbioses n°143 : Du clic au dé-clic. Coordinateur d’une association d’éducation à la nature, Gatien Bataille est aussi spécialiste de l’usage du numérique à des fins collaboratives et pédagogiques. Un oiseau rare dans un secteur de l’éducation à l’environnement souvent techno-méfiant.
https://www.reseau-idee.be/fr/symbioses/le-numerique-pour-eduquer-lenvironnement-aussi-peu-que-possible-mais-autant-que-necessaire

 Le secteur de l’inclusion numérique au bord de l’effondrement
Ace jour, près de 65 % de la population expriment des craintes liées à l’utilisation du numérique et 20% des Français identifient le manque de compétences numériques comme le principal frein à son utilisation au quotidien. À l’échelle européenne, 44 % des citoyens ne disposent pas des compétences numériques de base . Cette inégalité face au numérique touche directement l’égalité devant le droit, l’accès à l’emploi, la participation démocratique et la résilience face à la désinformation.
https://blogs.mediapart.fr/la-mednum/blog/291025/budget-2026-le-secteur-de-l-inclusion-numerique-au-bord-de-l-effondrement

Pourquoi un collectif décide de boycotter les I.A. génératives ?
C’est un article et une analyse un peu à contre-courant, et donc intéressante à lire que nous apporte Commown, la coopérative de l’électronique sobre et engagée. Extraits : « IA partout, pour tout, solution ultime à tous nos problèmes, nouvel eldorado pour la croissance du PIB et enjeu de souveraineté. Voilà le récit hégémonique qui pollue nos imaginaires et domine actuellement les sphères médiatique, politique, économique. (…) « l’IA » est un « projet » de société imaginé et impulsé par les techno-fascistes et autres masculinistes de la Silicon Valley. Donc oui, il convient bien de détester le projet d’IA que l’on cherche à nous imposer de force. »
https://forum.commown.coop/t/pourquoi-commown-boycotte-l-utilisation-d-ia-et-plus-particulierement-les-ia-generatives/3015 

Impacts des IA génératives et place du numérique dans la transition écologique. 
Chercheur et doctorant au RMIT (Royal Melbourne University of Technology – Australie), spécialisé sur les enjeux environnementaux de la numérisation Gauthier Roussilhe propose une réflexion dans ces deux articles publiés par le média Bon Pote surles sciences environnementales appliquées à la numérisation avec deux principales questions de recherche :
1) quelle est l’empreinte environnementale du secteur numérique et ses trajectoires ;
IA génératives, 5G, satellites… quelle est la vraie empreinte environnementale du numérique ?
ChatGPT, Claude, Midjourney… beaucoup de choses ont été dites sur l’empreinte environnementale du secteur numérique.

2) est-ce que la numérisation aide àatténuer et à s’adapter à la crise  environnementale ou alors augmente les impacts globaux ?
Le numérique est-il vraiment une solution pour la transition écologique ?
La littérature scientifique disponible sur le numérique montre sans équivoque qu’il existe une différence importante entre les déclarations

La désinformation climatique dans les médias et les réseau sociaux

À quelques semaines de la COP 30, les ONG Data For Good, QuotaClimat et Science Feedback dévoilent les conclusions de leur nouveau rapport cartographiant la désinformation climatique dans les médias audiovisuels. Elles alertent :529 cas ont été détectés en France en 8 mois.Sans prise en charge médiatique et politique suffisamment rapide, la désinformation climatique risque de se propager davantage dans les médias mainstream, où l’intégrité de l’information est pourtant encadrée.
https://quotaclimat.org/actualites/desinformation-climatique-medias-francais-et-bresiliens/   
La Fundación Maldita.es, un organisme espagnol dédié au fact-checking, et l’ONGAI Forensics révèle que YouTube et TikTok n’endiguent pas la désinformation climatique lors des catastrophes naturelles.
https://reporterre.net/Desinformation-climatique-le-laissez-faire-de-YouTube-et-TikTok-pointe-par-une-etude 

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Pétition contre la Loi Duplomb : plus de deux millions de voix pour la démocratie, la santé et l’agriculture du vivant https://colibris-lemouvement.org/actualites/petition-contre-loi-duplomb-plus-deux-millions-voix https://colibris-lemouvement.org/actualites/petition-contre-loi-duplomb-plus-deux-millions-voix#respond Thu, 04 Sep 2025 22:00:00 +0000 https://colibris-lemouvement.org/magazine/petition-contre-loi-duplomb-plus-deux-millions-voix-pour-democratie-sante-et-lagriculture

Certes la loi Duplomb a été promulguée par le Président de la République, au coeur de l’été, le 12 août dernier. Mais auparavant, le Conseil constitutionnel avait partiellement censuré l’une des mesures les plus discutées sur la réintroduction de l’acétamipride. Avec le recul, ce mouvement de mobilisation d’une ampleur inédite exprime une inquiétude profonde, légitime et partagée. Inquiétude face à l’impact des pesticides sur notre santé et la biodiversité. Inquiétude face à un modèle agricole qui exclut de plus en plus les paysannes et paysans. Inquiétude face à l’accélération des projets tels que les méga-bassines, qui se heurtent aux réalités écologiques et sociales. Enfin, inquiétude face à des lois, des décisions politiques adoptées sans débat public.

Mais c’est aussi, et surtout, l’expression d’un désir clair : celui de voir émerger une politique agricole cohérente, saine, juste et résolument tournée vers le respect du vivant.

Une loi adoptée dans un contexte de crise écologique et démocratique

La loi Duplomb a été adoptée début juillet, en plein cœur de l’été parlementaire, dans un climat politique tendu, et sans débat de fond. Portée par des élu·es sensibles aux intérêts de l’agro-industrie, elle comporte plusieurs dispositions qui inquiètent de nombreux scientifiques, agriculteur·rices, soignant·es et citoyen·nes. Elle a été adoptée le 8 juillet 2025, après un passage à huis-clos en commission mixte paritaire, et votée par les élu·es de l’extrême droite, de la droite et du centre. 316 député·es ont voté pour, 223 contre et 25 se sont abstenu·es.

Parmi ses effets potentiels :

  • Un assouplissement des règles d’usage des pesticides, y compris certains néonicotinoïdes pourtant interdits à l’échelle européenne en raison de leur toxicité.
  • Un encouragement indirect aux grandes exploitations industrielles au détriment des fermes familiales et paysannes.
  • Une facilitation juridique des projets de retenues d’eau type méga-bassines, alors que la gestion de la ressource hydrique appelle au contraire des politiques locales, sobres et partagées.

Ces mesures engagent notre pays sur une voie contraire aux engagements environnementaux de la France, y compris ceux liés à la Stratégie européenne « De la ferme à la table« , ou encore à la reconnaissance du droit à un environnement sain, désormais droit fondamental inscrit dans le droit international.

Une promulgation au cœur de l’été et une censure partielle

Le Président de la République, Emmanuel Macron a pour sa part promulgué, par le Journal officiel le mardi 12 août, la loi « Duplomb ».  Une décision qui est intervenue après la censure par le Conseil constitutionnel, le 7 août, de sa disposition la plus contestée, la réintroduction de l’acétamipride, un néonicotinoïdes dangereux. Une censure partielle annoncée le 7 août, qui laisse de côté des enjeux tout aussi problématiques comme les simplifications administratives accordées aux plus gros élevages. Et qui ne revient pas non plus sur les méag-bassines, ces réservoirs d’eaux censés être remplis l’hiver par voix naturelles ou pompage des eaux débordantes des nappes. Mais qui dans de nombreux cas sont remplies y compris pendant les période chaude et de restrictions.

Un signal démocratique clair

La mobilisation contre cette loi a ralenti avec l’été et après sa promulgation. Le 5 septembre 2025, la pétition contre la loi Duplomb dépasse les 2,1  million de signatures.

Ce chiffre exceptionnel est le reflet d’une prise de conscience : les questions de santé environnementale, d’accès à une alimentation saine, de respect des agriculteur·rices, de souveraineté alimentaire véritable, ne peuvent plus être traitées à huis clos. Elles appellent à une réelle transparence, à un débat parlementaire de fond, et à l’écoute des mobilisations citoyennes.

Comme le rappelle la procédure officielle, une pétition ayant recueilli plus de 500 000 signatures peut faire l’objet d’un débat en séance publique à l’Assemblée nationale. C’est une opportunité pour que la représentation nationale prenne la mesure de cette mobilisation et y réponde de manière responsable.

Le texte de la pétition est consultable et signable en ligne : Pétition en ligne

Et maintenant quoi faire ?

Avec le vote sur la confiance au gouvbernement le 8 septembre, la rentrée parlemetaire fixée au 23 septembre, risque soit d’être dédidée à expédier les affaires courantes si nouveau premier ministre n’est pas nommé, soit se préparer à de nouvelles élections législatives. Il est donc peu proable, malheuresement, qu’un débat parlemantaire soit organisé comme le voudrait la procédure officielle. Il fautdra donc rester vigilant·es pour s’assurer que l’inquiètude légitime exprimée par les 2,1 millions de personens qui ont signés la pétition ne soit pas oubléie.

Santé publique et environnement : des inquiétudes majeures

Chaque année, plus de 65 000 tonnes de pesticides de synthèse sont répandues sur les terres agricoles françaises. Ces produits sont présents dans les sols, l’air, l’eau… et dans nos organismes.

Les études scientifiques sont claires sur leurs effets : développement de certains cancers, troubles hormonaux, effets neurologiques, déclin de la fertilité. Les enfants sont particulièrement vulnérables. Le cancer est aujourd’hui la première cause de mortalité infantile en France.

La biodiversité est également fortement impactée. En Europe, 80 % des insectes volants ont disparu en trente ans. Les populations d’oiseaux des champs sont en déclin constant. Les pollinisateurs s’effondrent. L’agriculture intensive est l’un des principaux moteurs de cet effondrement du vivant.

Une vision différente est possible

« Depuis ses débuts, le Mouvement Colibris dénonce l’incendie qui se propage partout et qui est de plus en plus visible. Les pleins pouvoirs de l’argent et une vision utilitariste du vivant, incluant l’exploitation de l’humain par l’humain, ont déclenché une prédation des ressources naturelles qui met aujourd’hui en danger la vie sous toutes ses formes. » Le Manifeste des Colibris.

Nous défendons une transition vers une agriculture :

  • fondée sur le respect du vivant,
  • relocalisée et en circuits courts,
  • sans pesticides de synthèse,
  • accessible économiquement à toutes et tous,
  • et permettant aux agriculteur·rices de vivre dignement de leur travail.

Dans toute la France, des groupes Colibris agissent concrètement pour cette transition. À Kembs, on cultive bio et local. À Yssingeaux, on cuisine pour toutes et tous dans un restaurant solidaire. Au Mesnil-Saint-Denis, on composte les déchets organiques du quartier. Et ailleurs, on développe des AMAP, des jardins partagés, des formations à la permaculture, des épiceries coopératives.

Nous soutenons également des propositions de transformation systémique telles que la Sécurité sociale de l’alimentation (SSA). Inspirée du modèle de la Sécurité sociale, cette initiative vise à garantir un accès universel à une alimentation de qualité, en mettant en place un droit alimentaire financé collectivement, géré démocratiquement, et orienté vers des productions durables, locales, respectueuses du vivant.

Regardez notre web conférence sur la SSA

La SSA permettrait à chacune et chacun de choisir une alimentation saine, tout en soutenant les producteur·rices engagé·es dans des pratiques agricoles vertueuses. Elle repose sur un principe fort : l’alimentation n’est pas une marchandise comme une autre, c’est un droit fondamental.

Ces initiatives démontrent que le changement est possible, qu’il est déjà en marche, et qu’il peut être soutenu par des politiques publiques cohérentes et ambitieuses.

Une demande de débat et de clarté

À ce jour, la mobilisation n’attend pas l’impossible. Elle demande :

  • La suspension de la loi Duplomb, dans l’attente d’un vrai débat.
  • La tenue d’une discussion parlementaire transparente, incluant la société civile, les agriculteur·rices, les scientifiques, les associations.
  • Une prise en compte sérieuse des risques sanitaires, sociaux et environnementaux.
  • Une bifurcation politique vers un modèle agricole résilient, juste et durable.

Le Mouvement Colibris reste mobilisé et appelle l’ensemble des élu·es à prendre la mesure du signal envoyé par plus d’un million et demi de personnes en quelques jours.

Comment agir

Nous encourageons chaque citoyenne et chaque citoyen à continuer à faire entendre sa voix :

  1. En signant et partageant la pétition
  2. En écrivant à leur député·e pour demander l’organisation d’un débat parlementaire
  3. En relayant des informations fiables, notamment celles publiées dans ce kit de mobilisation
  4. En s’abonnant à notre lettre mensuelle
  5. En rejoignant l’une des conférences et actions locales du Mouvement Colibris cet été : 
    1. Les « Clameurs ! » des Scouts et Guides de France 25-27 juillet – Jambville (78) 
    2. DÉCROISSANCE LE FESTIVAL 2025 25, 26, 27 juillet – Saint-Maixent-L’École (79)
    3. Festival les #Résistantes – 7, 8, 9, 10 août – Orne (61)Les Universités d’Été des Mouvements Sociaux et des Solidarités (#UEMSS). 23- au 26 août – À #Talence – Campus Peixotto de l’Université de Bordeaux (33)
  6. En rejoignant un de nos groupes locaux

Pour conclure

Il ne s’agit pas ici d’un clivage entre pro ou anti-agriculture, entre innovation ou tradition. Il s’agit d’un choix de société. D’un débat démocratique sur ce que nous souhaitons léguer aux générations futures.

Le Mouvement Colibris continuera, avec ses partenaires, ses bénévoles et ses membres, à porter cette vision d’un avenir ancré dans la coopération avec le vivant, dans la justice sociale, et dans le respect des territoires.

Nous appelons à poursuivre cet élan, à maintenir la pression, et à construire ensemble une agriculture du futur, au service du bien commun.

Retrouvez nos posts sur les réseaux sociaux 

9 septembre – Tribune de scientifiques et personnalités dans Vert le média

7 aout – Le conseil constitutionnel censure des dispositions de la loi Duplomb. 

24 juillet – Continuer à signer, partager et agir localement !

22 juillet – Bientôt deux millions de signatures contre la loi Duplomb !

21 juillet – Continuer à signer, partager, vous informer ! 

20 juillet – Un million vous l’avez fait ! 

19 juillet – 

Vers le million !  

Bientôt 350 000 signatures ! 

18 juillet – Déjà plus de 228 000 signatures

17 juillet – Signez la pétition contre la loi Duplomb !

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De l’enquête aux récits : tisser des histoires, récolter le changement https://colibris-lemouvement.org/actualites/enquete-aux-recits-tisser-des-histoires-recolter-changement https://colibris-lemouvement.org/actualites/enquete-aux-recits-tisser-des-histoires-recolter-changement#respond Tue, 02 Sep 2025 22:00:00 +0000 https://colibris-lemouvement.org/magazine/semer-histoires-recolter-changement-force-laction-locale

La rentrée 2025 est semée de tensions sociales, politiques, écologiques et démocratiques. Quand l’écologie est attaquée ou instrumentalisée et l’engagement citoyen vacille, il est temps de reprendre la parole sur nos territoires. Chaque voix compte, chaque expérience locale peut devenir une histoire fertile capable de mobiliser, d’inspirer et de transformer la société. Avec la méthode « De l’enquête aux récits », le Mouvement Colibris vous accompagne pour écouter, comprendre et raconter vos territoires, et ainsi agir concrètement pour des transitions écologiques et sociales durables.

L’action locale comme source d’un changement global

Si les crises climatiques, écologiques et sociales rendent nos défis immenses, agir en faisant sa part permet à chacun·e d’être acteur·rice des mutations globales. C’est à l’échelle du bassin de vie que les citoyen·nes et les collectifs ont la plus grande chance d’interagir et de maîtriser les processus initiés, sans attendre le « grand soir ».

Nous pensons que l’échelle locale est celle qui permet d’initier de profondes transformations pour protéger les territoires, les écosystèmes et les cultures, et pour favoriser une bascule de notre société. Ces actions locales nourrissent et aiguillonnent également les grandes mutations à engager à l’échelle nationale, européenne et mondiale.

La légende du colibri a inspiré des millions de personnes à s’engager, à « faire leur part », dans des actions collectives et locales. Nous veillons à n’oublier personne sur ce chemin de transformation, notamment les plus précaires, afin que les transitions écologiques et sociales se conjuguent avec chacune et chacun. Nous souhaitons que l’avenir s’écrive collectivement, avec toutes et tous.

Le récit : plus qu’une histoire, un levier de transformation

Le récit n’est pas qu’un simple compte rendu ou une accumulation de faits. Il organise, sélectionne et interprète des expériences singulières pour construire une histoire intelligible et mobilisatrice.

Comme une graine semée dans la terre, il prend racine dans le vécu des habitant·es pour nourrir l’action collective. Il permet de déconstruire les récits dominants, de créer de nouveaux imaginaires et de rendre visibles des expériences souvent invisibilisées. Le récit devient alors un outil d’émancipation, capable de fédérer et de mobiliser.

L’enquête : écouter le territoire

Avant que le récit ne pousse, il faut semer les graines : c’est le rôle de l’enquête. Elle consiste à observer, écouter et collecter des traces sur le terrain.

Selon l’objectif et la méthodologie, l’enquête peut être exploratoire, descriptive, analytique ou évaluative, qualitative, quantitative ou mixte. Elle peut se dérouler ponctuellement ou de manière répétée.

La posture de l’enquêteur·e est celle de l’humilité et de la curiosité. Il s’agit de marcher dans les pas du territoire pour entendre ses histoires, rencontrer ses habitant·es et comprendre les enjeux à travers leurs vécus.

Le concernement : transformer l’écoute en engagement

L’enquête seule ne suffit pas. Il faut que les personnes impliquées soient concernées. Le « concernement » désigne le lien émotionnel et intellectuel qui nous relie à une situation, un lieu ou une cause.

Être concerné·e, c’est ressentir que ce qui se joue sur un territoire nous touche personnellement, mais aussi que notre action peut faire la différence. C’est ce lien qui transforme l’observation en engagement et les traces collectées en récits fertiles.

De l’enquête au récit : trois principes fondamentaux

La méthode repose sur trois grands principes :

  • Cartographier les préoccupations du collectif – Identifier ce qui touche personnellement et collectivement les membres du groupe et relier ces préoccupations à des enjeux d’intérêt général.
  • Mener des enquêtes de terrain – Aller à la rencontre des acteur·ices locaux·ales, observer, recueillir des traces et vérifier des hypothèses. L’objectif est de produire une compréhension fine et crédible de la réalité locale.
  • Construire des récits mobilisateurs – Transformer les données collectées en histoires qui donnent du sens, fédèrent et motivent l’action citoyenne. Ces récits renforcent la position du groupe et contribuent à la vie du territoire.

Les étapes concrètes :

  • D’où venons-nous ? S’appuyer sur l’histoire et l’héritage du territoire.
  • Où en sommes-nous ? Identifier ce qui relie le collectif.
  • Où allons-nous ? Imaginer de nouvelles formes de coopération et de projets collectifs.

Des exemples concrets

  • Bordeaux : mobilisation des bénévoles sur des projets locaux pour relier leurs actions à l’intérêt général.
  • Université d’été des mouvements solidaires et sociaux : on est allé à la recherche de pratiques inspirantes pour une culture du soin qui s’oppose à une culture de l’épuisement, du burn-out, ou de la performance avec une vision capitaliste, en savoir plus via le lien vers notre post LinkedIn.
  • Agde : enquête autour des enjeux touristiques et de protection de la nature, mettant en lumière la relation entre activités humaines et biodiversité, en savoir plus avec notre post LinkedIn.
  • Festival Co-construire en Belgique : les participant·es ont exploré les manières de faire société avec le vivant autre qu’humain pour commencer à penser une société qui englobe au-delà de l’humain et devenir des alter-citoyen·es.

Bénéfices pour les collectifs et les territoires

  • Pour le collectif : un positionnement clair sur des enjeux qui font sens, un projet collectif structuré, des propositions politiques légitimes.
  • Pour le territoire : des liens renforcés entre citoyen·nes, associations et acteur·ices locaux, meilleure visibilité des initiatives, contribution active à la vie collective.

Chaque récit devient une lumière qui éclaire le territoire et ses habitant·es, donnant naissance à de nouvelles formes d’engagement et de coopération.

Formats flexibles et accessibles

  • Demi-journée : vivre l’expérience d’une enquête.
  • Une journée complète : mener une enquête collective sur une problématique identifiée.
  • Deux jours : se former à la méthode et accompagner des collectifs sur le long terme.

Il ne s’agit pas d’un diagnostic exhaustif ni d’un roman : c’est une démarche vivante et adaptable à tous·tes, en ville, en forêt, de jour ou de nuit. Il suffit de savoir observer et décrire.

Tisser vos propres récits

« De l’enquête aux récits » est une invitation à reprendre la parole, à écouter et à faire émerger les histoires qui comptent sur nos territoires. C’est un outil pour fédérer, mobiliser et créer des changements concrets, en reliant engagement individuel et action collective.

Rejoignez la formation et semez vos propres récits pour faire éclore un monde plus solidaire, plus sobre et plus vivable pour toutes et tous.

Contact pour la formation : eric[at]colibris-lemouvement.org

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Il y a un an… https://colibris-lemouvement.org/actualites/il-y-a-un https://colibris-lemouvement.org/actualites/il-y-a-un#respond Sun, 04 Dec 2022 23:00:00 +0000 https://colibris-lemouvement.org/magazine/il-y-a-un


Il y a tout juste un an, Pierre Rabhi, co-fondateur du Mouvement Colibris, nous quittait brutalement.

Toutes celles et ceux qui ont eu la chance de le croiser, de lui parler, gardent en mémoire un homme bienveillant, à l’écoute et dont la seule et unique préoccupation était la préservation du vivant et des générations futures. Précurseur, il était persuadé que nous avions toutes et tous un rôle à jouer pour faire advenir un monde plus juste, notamment dans la remise en question de nos modes de vie mais aussi de pensée.

« Il est évident que toute conscience qui s’éveille et agit a déjà triomphé de la fatalité. Car elle participe à la cohérence de la société par la cohérence qu’elle instaure en elle-même et dans sa vie. Nous sommes toutes et tous invités, non pas à renoncer au monde, mais à mettre en commun nos talents et nos moyens pour le bâtir autrement. »  Pierre Rabhi, Manifeste pour la Terre et l’Humanisme


Vendredi 9 décembre, nous serons en direct, pour rendre hommage à Pierre Rabhi avec nos ami·es du Fonds de dotation Pierre Rabhi, des Amanins , de Terre & Humanisme, de la Coopérative Oasis, et du Monastère de Solan. Un hommage toute en sobriété heureuse, à son image.

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Ça se passe sur nos territoires – mai 2022 https://colibris-lemouvement.org/actualites/ca-se-passe-sur-nos-territoires-mai-2022 https://colibris-lemouvement.org/actualites/ca-se-passe-sur-nos-territoires-mai-2022#respond Wed, 18 May 2022 22:00:00 +0000 https://colibris-lemouvement.org/magazine/ca-se-passe-sur-nos-territoires-mai-2022

Des projets qui prennent vie, des rencontres, des ciné-débats… Pas de doute, le printemps est bien de retour sur les territoires !


Événements à venir

Vous êtes près de Toulouse ? Venez participer à la soirée de présentation de Nouvelle (R), la nouvelle campagne de Colibris, ce vendredi 20 mai, et le samedi 21 mai à la formation « Se familiariser aux enjeux de la transition écologique et solidaire ».
Toutes les infos ici 

Samedi encore, allez rencontrer les Colibris de Luchon au marché ! Pour mettre l’ambiance, le groupe local sera accompagné de Clotilde et Éric avec leur duo Un air de deux airs.
Plus d’infos

Le 25 mai, ce sont les Colibris de Nancy qui vous accueillent pour une réunion publique. Ils partageront avec vous leur vision d’une société inclusive et solidaire : distribution de nourriture, apprentissage, accompagnement administratif, scolaire, médical, hébergement, organisation de soirées de convivialité et de partages interculturels… Chacun et chacune peut participer, dans une action régulière ou ponctuelle.
Toutes les infos

Et enfin, le 28 mai, les Colibris du Haut-Bugey vous invitent à leur Printemps des Colibris ! Un moment pour se rencontrer, se retrouver, créer du lien, jouer, s’amuser, célébrer l’histoire et les acteurs historiques du groupe local Colibris, mais aussi répertorier nos richesses locales d’aujourd’hui, rêver ensemble l’avenir pour nous et pour notre territoire, soutenir nos projets présents et à venir… Un beau programme en perspective !
Infos pratiques

Événements passés

Trois animateurs du groupe local de Château-Gontier sont intervenus début avril au lycée Emmanuel Mounier à Angers, lors d’une journée de l’écologie. Des ateliers d’expressions pour libérer l’imaginaire, créer un futur désirable et écrire un récit collectif ont eu lieu, également des cercles de parole sur l’écologie ainsi que des échanges sur l’économie et la monnaie libre, l’énergie, l’effondrement et « l’essentiel ».
Retour sur l’évènement 

Début avril, le groupe local de Terres du Lez se retrouvait, avec au programme une gratiféria, un atelier de lacto-fermentation, le tout dans une très bonne ambiance !

Fin avril se déroulait un beau rendez-vous autour du film « Une fois que tu sais », une projection co-organisée par le groupe local Épernay. Malgré le sujet complexe de l’éco-anxiété, la soirée était détendue, sous le signe de l’amitié et de la coopération !

À Kembs, dernière semaine pour le financement participatif d’un tiers-lieuRelocaliser son alimentation est devenu un enjeu majeur pour les collectifs citoyens, dont l’énergique GL Colibris, les habitants et les élus de Kembs, petite commune du Haut-Rhin, aux portes de Bâle. Nous en parlons dans cet article du nouveau numéro de la revue 90°. Élément de cette mutation ambitieuse, un projet de tiers-lieu, l’Archipel de Kembs, dont nous vous parlions le mois dernier. Sur l’espace d’un ancien terrain de foot, du maraîchage, une forêt nourricière, un lieu de coworking, l’épicerie solidaire de Gaspr, une grainothèque, une cuisine pédagogique…

Pour aider le projet, c’est par ici !

Pour retrouver tous les événements à venir, organisés par les groupes locaux Colibris, sur l’agenda, et sur la page événement facebook du Mouvement Colibris ! Découvrez également l’ensemble des articles des groupes locaux parus sur le Mag.

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Ça se passe sur nos territoires – Juin 2021 https://colibris-lemouvement.org/actualites/ca-se-passe-sur-nos-territoires-juin-2021 https://colibris-lemouvement.org/actualites/ca-se-passe-sur-nos-territoires-juin-2021#respond Sun, 23 May 2021 22:00:00 +0000 https://colibris-lemouvement.org/magazine/ca-se-passe-sur-nos-territoires-juin-2021 Malgré un contexte particulier, sur les territoires, la vie continue ! Des projets fleurissent, des groupes locaux émergent, d’autres prennent fin, alors que certains se renouvellent.

« Les Semeurs d’Amour », un projet à essaimer

Il y a un an, en Corrèze, sous l’impulsion d’Anne Berghmans, un groupe d’amis, « Les Semeurs d’Amour », décide de s’offrir un temps de rencontre pour parler de leurs émotions autour de la crise sanitaire et des mesures en cours. A fini par émerger une nouvelle énergie, l’envie d’agir : des propositions d’entraide, de soutien, et la création du groupe local Colibris Vézère Causse !

Consulter l’article

Crédits photos : Colibris 19 Vézère Causse

Atelier de sensibilisation pédagogique 

Au mois de mars, Alexandra et Jean-François, bénévoles du groupe local Colibris Terres du Lez, ont participé au projet Jardinage et Biodiversité proposé à l’École de la Vie de Pierrelatte. À l’initiative d’un groupe de parents d’élèves, ce projet a pour but l’embellissement par la nature de la cours de l’école, et le partage pédagogique des savoir-faire de jardinages et de construction d’habitats pour accueillir la biodiversité. L’équipe pédagogique et les enfants y ont participés. Merci à chacun !

Crédits photos : Groupe local Terres du Lez

Le groupe local d’Arve et Giffre tire sa révérence

Des membres du cercle cœur du groupe local d’Arve et Giffre qui prend fin témoignent. Tous et toutes sont unanimes pour dire à quel point cette expérience Colibris a été enrichissante en permettant la révolution intérieure pour chacun. Tous témoignent d’un changement profond et durable.

En savoir plus

Crédits photo : Pexels – Belle Co

Événements à venir

  • L’économie du don en question en pays choletais

« Comment le don contribue à dynamiser l’économie d’un territoire ? » La question se pose avec le groupe Colibris du Choletais les 4 et 5 juin. Le don dans les relations professionnelles soulève une objection majeure. Il serait l’antithèse de l’efficacité. À cette objection, plusieurs études basées sur des pratiques concrètes tendent à répondre que c’est au contraire une forme de rationalité qui permet la réussite individuelle et collective grâce à l’émergence de solutions innovantes, et l’ouverture de pistes nouvelles capables de dynamiser entreprises et territoires.

Voir l’événement en ligne

Consulter l’article Ouest France

Crédits photos : Mouvement Colibris

  • Rencontre autour du MOOC Transition Intérieure

Le groupe local Colibris Paris 15 vous donne rendez-vous le dimanche 13 juin de 14h30 à 17h, afin de partager les ressentis et les changements que le Mooc Transition Intérieure vous a inspiré. Cette rencontre aura lieu en ligne, et sur inscription. 

Inscrivez-vous ici

  • Rejoindre le groupe local Paris 15

Si vous souhaitez rejoindre la dynamique du groupe local Colibris Paris 15, vous pouvez participer à leur prochaine rencontre le mercredi 9 juin de 18h00 à 19h30/20h, sur inscription.

Inscrivez-vous ici 

Crédits : Miko Kontente

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