Mouvement Colibris https://colibris-lemouvement.org Thu, 29 Oct 2026 11:09:02 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1.3 https://colibris-lemouvement.org/app/uploads/2026/08/cropped-favicon-150x150.png Mouvement Colibris https://colibris-lemouvement.org 32 32 Brésil, Canada : deux avancées pour l’écologie ! https://colibris-lemouvement.org/actualites/bresil-canada-avancees-ecologie https://colibris-lemouvement.org/actualites/bresil-canada-avancees-ecologie#respond Wed, 28 Oct 2026 17:20:12 +0000 https://colibris-lemouvement.org/actualites/brouillon-auto

En ce mois d’octobre 2026 l’actualité nous apporte deux avancées pour l’écologie et on ne boude pas notre joie. La réélection du président Lula rassure les défenseurs et défenseuses du poumon vert du fleuve Amazone. Le début du procès attenté contre le Canada, par 15 jeunes de ce pays, démarre enfin après 7 années d’attente.

Voilà deux bonnes nouvelles pour l’écologie que nous avons accueillies avec enthousiasme !

Au Brésil, le président Luiz Inácio Lula da Silva a été réélu dimanche dernier avec 51,79% des voix face à son adversaire Flavio Bolsonaro, fils de l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro. Et c’est une bonne nouvelle pour l’écologie !

Face à cet adversaire qui assumait l’héritage climatosceptique de son père, les électeur·ices ont choisi de soutenir le candidat progressiste qui portait 16 engagements en faveur de l’environnement et de l’écologie (contre seulement 1 pour son opposant).

Dans son programme, il promet notamment de protéger les ressources en eau, d’améliorer la prévention et la stratégie d’adaptation aux catastrophes naturelles ou de continuer ses actions en faveur de la déforestation, de la réduction des émissions de CO2 et d’investir dans les énergies renouvelables.
Sous le dernier mandat de Lula, la déforestation a d’ailleurs reculé de 51 % (analyse InfoAmazonia, données officielles) et les renouvelables représentaient 86,80% de l’électricité en 2025.

Sous le dernier mandat de Lula, la déforestation reculé de 51 %

Quelques ombres au tableau cela dit. Lors d’un de ses premiers mandats, la très controversée construction de la centrale hydroélectrique de Belo Monte, dans l’État amazonien du Pará, avait eu des conséquences majeures sur les communautés traditionnelles du pays, et dévastatrices pour leur environnement. En effet : pollution des eaux, perte de la biodiversité (mortalité massive de poissons), inondation de milliers d’hectares de forêt tropicale, asséchement de cours d’eau secondaires du fleuve Xingu avaient eu un impact direct sur le mode de vie des populations autochtones, entraînant leur déplacement forcé.

Brésil Amazone
Crédit : manufaktura_podlaska2022-narev

Ce projet avait d’ailleurs, en 2008, entraîné la démission de Marina Silva, alors ministre de l’Environnement et figure emblématique de la lutte pour l’Amazonie.

Aujourd’hui, Lula défend également le développement de l’exploitation pétrolière et gazière à l’embouchure de l’Amazone.

Un procès historique au Canada pour la défense du climat

Quinze jeunes canadiens ont vu cette semaine l’ouverture du procès qu’ils et elles réclament depuis 2019. Souvenons-nous. Il y a 7 ans, quinze jeunes âgé·es à l’époque de 10 à 19 ans mènent une action en justice contre l’État canadien pour inaction climatique, qui sera finalement rejetée par un tribunal de première instance en 2020.

Remise sur les rails par la Cour d’appel fédérale en 2023, elle donne lieu depuis lundi dernier au premier procès constitutionnel sur l’action climatique du pays. Après sept ans de procédures judiciaires, ils et elles vont pouvoir plaider que l’inaction climatique continuent de porter atteinte à leurs droits à la vie, à la liberté et à la sécurité, garantis par la Charte canadienne des droits et libertés.

Ces jeunes* reprochent au Canada de s’être fixé des cibles insuffisantes pour limiter le réchauffement à 1,5 °C, conformément à l’Accord de Paris, et réclament un plan de rétablissement du climat pour ramener le pays sur une trajectoire d’émissions sécuritaire. Rien n’est gagné : le jugement n’est pas rendu, mais la persévérance de ces adolescent·es (devenu·es adultes) a déjà fait bouger les lignes.

Canada procès climat
Une partie des jeunes qui ont intenté un procès contre l’état canadien – crédit Our Children’s Trust Eillin Delapaz

« J’avais 13 ans quand je me suis engagée dans cette affaire. J’ai grandi avec elle, et depuis sept ans, elle fait partie de ma vie, à travers tous les hauts et les bas. Être enfin ici, c’est plus que je ne peux l’exprimer avec des mots. Je suis enthousiaste, un peu nerveuse, et fière que nous soyons arrivés jusqu’ici, tous les quinze. La crise climatique nous affecte dès maintenant. Nous méritons d’être protégés. Nous méritons un avenir en lequel nous pouvons croire . Et nos droits méritent que l’on se batte pour eux »

Sadie Vipond, jeune plaignante originaire de Calgary, en Alberta, Canada

Pour notre association engagée depuis 2022 dans des programmes de soutien à la jeunesse et à son engagement pour l’écologie, c’est une très belle histoire que nous voulions partager avec vous.

Deux histoires très différentes, un même fil rouge : face à la crise climatique et à la menace contre le vivant, des citoyens et citoyennes refusent la fatalité, des populations se mobilisent – parfois en faisant jouer le droit pour protéger la nature –, des responsables politiques prennent parti pour le climat. Et, peu à peu, l’Histoire bascule.

Chez Colibris, cela nous inspire. Car en France même les exemples ne manquent pas de projets écocides contre lesquels nombre de personnes se sont soulevées en faisant jouer le droit : A69, A412, ligne THT en Camargue, LGV dans le sud-ouest. Certes ces luttes ne gagnent pas toujours, mais au cœur des territoires, défendre les droits de la nature est une nécessité pour sauver le vivant, tous les vivants.

Et vous, quelle histoire vous a redonné espoir récemment ?

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Après le 26 septembre, rendez-vous le 14 novembre pour les enfants https://colibris-lemouvement.org/actualites/26-septembre-14-novembre-enfants https://colibris-lemouvement.org/actualites/26-septembre-14-novembre-enfants#respond Mon, 26 Oct 2026 16:15:21 +0000 https://colibris-lemouvement.org/actualites/brouillon-auto

Plus de 130 000 personnes ont défilé le 26 septembre pour défendre le climat, le vivant, la justice sociale et la paix. Un nouvel appel est lancé pour le 14 novembre pour le présent et l’avenir des enfants.

La jeunesse est sous tension, les enfants sont dans l’angoisse. Elle est angoissée par l’urgence climatique, écologique, sociale, économique et politique. On ne lui dessine aucun avenir, si ce n’est : travaille et tais-toi.

Alors elle se soulève. Et les slogans des manifestations de lycéennes et lycéens disent toute la créativité joyeuse de cette génération, sa volonté de solidarité et de changement :

« S’il vous plaît… Dessine-moi un avenir »« Plus de tendresse, moins de CRS »« L’éducation est un droit, pas un algorithme »« 0/20 en dialogue »

Des lycéens

Ces slogans sont le signe que la jeunesse n’est ni désabusée ni résignée : elle se met en mouvement pour un monde meilleur.
Ils et elles ne demandent que de meilleures conditions d’éducation. Et la seule réponse apportée est sécuritaire et violente : près de 8 000 jeunes ont été arrêté·es par les forces de l’ordre en un mois de manifestations, dont 86 % sont des enfants mineurs.

Les violences provoquées samedi 17 octobre, par des personnes extérieures aux manifestations venues pour casser et voler, n’excusent ni ne justifient la répression du gouvernement contre les revendications de la jeunesse.

Le Mouvement Colibris soutient les revendications légitimes des lycéennes et lycéens qui manifestent et exigent des conditions dignes d’éducation.

Le 26 septembre, nous étions plus de 130 000 – le mouvement continue

Le 26 septembre, plus de 130 000 personnes étaient dans les rues de France pour défendre le climat, le vivant, la justice sociale et la paix.

Né des canicules de l’été 2026, le mouvement du 26 septembre est aujourd’hui une force : l’appel au président de la République a déjà réuni 57 175 signatures et fédère 1 260 organisations. Ensemble, ils et elles exigent un plan en trois étapes : plan d’urgence, plan d’adaptation et plan d’atténuation.

Parmi les mesures portées par cet appel :

  • Créer des lieux frais accessibles à toutes et tous, en priorité dans les quartiers populaires et les zones rurales.
  • Protéger les établissements sensibles (écoles, crèches, hôpitaux, EHPAD) contre les fortes chaleurs.
  • Donner davantage de moyens aux services de secours.
  • Soutenir financièrement les agriculteur·rices sinistré·es.
  • Rétablir le Fonds vert et renforcer l’ingénierie publique locale.
  • Accélérer la rénovation énergétique des logements.
  • Protéger et restaurer les forêts, préserver les rivières et les nappes phréatiques.
  • Mettre fin aux subventions aux énergies fossiles.
  • Interdire aux entreprises françaises de lancer de nouveaux projets fossiles, en France comme à l’étranger.
  • Taxer les superprofits de l’armement.
  • Créer un impôt climatique sur les patrimoines les plus riches.

➡️ Signez l’appel au président de la République : 26septembre.org/appel

La « consultation » sans action est une trahison de la démocratie

Face à la colère des lycéennes et lycéens, le gouvernement a proposé une « grande consultation ». Cette recette ne convainc plus.
En 2019, il avait promis d’écouter la Convention citoyenne pour le climat et de prendre en compte les 20 000 cahiers de doléances rédigés partout en France. Il n’en a rien été : la Convention a été ignorée, les cahiers cachés au public pendant des années.
Une « consultation » sans action n’est qu’une trahison de la démocratie, qui abîme encore un peu plus la confiance des citoyen·nes.

Les tensions montent partout

Partout, les tensions augmentent. Elles s’expriment dans les lycées, puis le 26 septembre pour le climat et le vivant, puis le 3 octobre contre les pesticides qui menacent notre santé.

Alors que nous comptons encore les quelques 8 000 morts de cet été caniculaire, nos dirigeant·es et cherchent chaque économie possible. Pour elles et eux, c’est l’argent avant le vivant. Le néolibéralisme fait brûler la planète.

Le samedi 14 novembre prochain, nous serons dans la rue, parce que les Françaises et les Français sont à bout — et qu’ils et elles sont là pour le dire haut et fort.

➡️ Retrouvez la marche près de chez vous : 26septembre.org/carte

Colibris : transmettre et agir, toutes générations confondues

Le dialogue intergénérationnel est une priorité du Mouvement Colibris depuis 2022 : d’abord avec le programme Jeunes, et aujourd’hui avec des projets Erasmus+ qui portent l’inclusion, la diversité, l’environnement et la lutte contre le changement climatique, la transformation numérique et la participation à la vie démocratique.

En 2027, avec le projet IDEAL, nous ouvrirons un dialogue entre nos groupes locaux et des jeunes de 18 à 30 ans. Des espaces où l’on se rencontre, où l’on développe des moyens d’action, où l’on sème les graines de l’engagement de demain. Une façon de transmettre et de partager dans les deux sens, toutes générations confondues.

Une autre vision du monde est nécessaire, maintenant !

Aujourd’hui, nous sommes là pour défendre le climat, le vivant, la paix et la justice sociale. Mais cela ne s’arrêtera pas au 26 septembre : partout en France, des groupes Colibris vous attendent pour continuer à vous engager. Venez faire votre part, ensemble !

Une autre vision du monde est possible et nécessaire, maintenant ! Une vision qui place le vivant avant l’argent.

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« Erasmus+ leur a ouvert de nouvelles portes, leur a permis d’entrevoir un autre champ des possibles » : Interview avec Chloé Bernardino. https://colibris-lemouvement.org/actualites/erasmus-donne-aux-jeunes-un-autre-champ-des-possibles https://colibris-lemouvement.org/actualites/erasmus-donne-aux-jeunes-un-autre-champ-des-possibles#respond Thu, 15 Oct 2026 14:15:39 +0000 https://colibris-lemouvement.org/actualites/brouillon-auto

Le Mouvement Colibris apporte un soin particulier au développement de projets intergénérationnels depuis 2022. Sous l’impulsion de Chloé Bernardino, en 2025, nous avons intégré le programme Erasmus+ qui soutient les coopérations associatives entre partenaires européens et permet aux jeunes de 18 à 30 ans des expériences de mobilité uniques. Retour sur l’évolution d’un axe de travail constitutif de la raison d’être de notre Mouvement.

Pourquoi le Mouvement Colibris s’est-il engagé dans un programme pour les jeunes puis aujourd’hui de dialogue intergénérationnel avec Erasmus+ ?

Chloé Bernardino : Quand on pense la transition écologique et sociale, on parle déjà de certaines populations discriminées, de la nécessité d’être plus inclusif·ve, et donc on ne peut pas écarter les jeunes. Si on doit penser la transformation de la société, c’est avec tout le monde. Ils et elles vivent le changement climatique de plein fouet. De ce fait, c’est difficile de faire des projets de vie, de vivre des canicules à répétition durant l’été. Il y a beaucoup d’enjeux qui viennent vraiment changer la vie des jeunes – dont je fais partie d’ailleurs –, et en discutant avec elles et eux, on comprend qu’ils et elles sont beaucoup à se sentir démuni·es, ignoré·es ou pas écouté·es.

Avec ces projets, nous avons donc souhaité d’une part, redonner aux jeunes du pouvoir d’agir, comme on le fait déjà avec les groupes locaux, et ainsi leur permettre de rejoindre des dynamiques qui existent déjà. L’idée était également d’apporter une nouvelle dynamique à ces groupes locaux actifs depuis longtemps et qu’ils bénéficient d’un nouveau « souffle ». Ainsi, ils s’enrichissent de nouvelles idées, d’une façon de voir différente. Les jeunes apportent avec elles et eux des valeurs qui leur tiennent à cœur aussi, et nécessairement de nouveaux questionnements. Et puis c’est aussi l’occasion de semer les graines de futurs membres qui prendront la relève !

« Il y a beaucoup d’enjeux qui viennent vraiment changer la vie des jeunes – dont je fais partie d’ailleurs –, et en discutant avec elles et eux, on comprend qu’ils et elles sont beaucoup à se sentir démuni·es, ignoré·es ou pas écouté·es. »

Comment les groupes locaux ont-ils accueilli ce rapprochement avec les jeunes ?

C. B. : Ce qu’on remarque, c’est que les adultes pensent souvent, à tort, que les jeunes n’ont rien à leur apprendre. Or, dans ces temps de rencontre que nous avons organisés en 2025, il y a une vraie partie d’écoute active. Cela implique de se concentrer pleinement sur ce que son interlocuteur·ice a à dire. Cette étape leur a permis de se rendre compte qu’il y avait beaucoup plus à recevoir que ce qu’ils ou elles anticipaient, chez ces jeunesses plurielles.

De l’autre côté, c’est précieux pour les jeunes d’avoir accès à ces espaces associatifs où l’on apprend différemment. Ne serait-ce qu’en terme de compétences professionnelles à acquérir par l’expérience. C’est ce que nous appellons « l’éducation informelle » ou populaire dans le réseau Erasmus+.  C‘était gagnant-gagnant pour tout le monde : il y a un enjeu de recrutement au niveau des groupes locaux pour renforcer les équipes et de permettre aux jeunes de monter en compétences citoyennes et professionnelles.

Est-ce que tu as noté une certaine résistance par moment ? 

C. B. : Construire dans la durée, sur un projet intergénérationnel, ce n’est pas évident. On n’est pas sur les mêmes temporalités, on a des calendriers nécessairement différents [entre celui des GL et celui des jeunes volontaires]. En ce qui concerne les jeunes, les projets doivent pouvoir s’inscrire sur des années universitaires. De plus, ils et elles ont du temps libre mais déjà réservé en partie à leurs devoirs ou révisions, donc pas si libre que cela. Je pense qu’il y a cet oubli, quand on entre dans la vie active, de ce qu’est la vie d’un·e jeune étudiant·e, ou même d’un·e jeune en alternance ou apprenti·e. Je pense qu’à cet endroit précis, il peut y avoir potentiellement certaines résistances, ou en tout cas un décalage.

Première session en ligne du projet Reboutons la Connexion, septembre 2026.

Chez Colibris, on a donc commencé avec le programme jeunes soutenu par la Fondation SNCF, pour aller vers un programme Erasmus+ sur le dialogue intergénérationnel. Comment tu analyses cette transition, qu’est-ce que cela raconte ?

C.B. : Les priorités du programme Erasmus+ sont : l’inclusion, la diversité, l’environnement et la lutte contre le changement climatique, la transformation numérique et la participation à la vie démocratique. Ces thématiques rejoignent fortement ce que nous portons au Mouvement Colibris.

Cette fois-ci, nous le faisons à une autre échelle, celle de la coopération internationale, car ces projets nécessitent des partenaires européens. Ce changement d’échelle a également permis de prendre du recul, et de comprendre que ces questions intéressent énormément d’associations et mobilisent un grand nombre de citoyen·nes, partout en Europe. En tant que jeune personne, je trouve que nous avons vraiment intérêt de prendre conscience de cette citoyenneté européenne, de ce que l’Union européenne peut nous offrir comme opportunités.

Bien sûr, Colibris avait déjà une dimension internationale par le passé, avec des GL en Suisse et en Belgique, ou même hors de la France métropolitaine dans les départements et/ou territoires d’Outre-mer. Ce qui change aujourd’hui, en travaillant avec le programme Erasmus+, c’est que nous entrons dans un « maillage », un réseau pré-existant et très solide, qui opère depuis de nombreuses années.

« C’est précieux pour les jeunes d’avoir accès à ces espaces associatifs où l’on apprend différemment. »

Qu’est-ce que ce programme apporte en matière de citoyenneté ?

C. B. : Les jeunes avec lesquels j’ai personnellement eu le plus d’interactions sont celles et ceux que nous avons fait partir en Albanie. Ils et elles ont été surpris·es de savoir que ces espaces existaient, qu’ils leur étaient accessibles et leur permettaient de soutenir leur passage à l’action. Tout ceci en se rencontrant, en discutant, en se formant et en montant en compétences pour gagner en pouvoir d’agir.

Ils ou elles comprennent aussi que des opportunités d’éducation informelle existent en dehors du territoire français. Qu’elles sont possibles et accessibles grâce aux choix de vote européen. C’est une décision politique en fait, l’Europe décide de quels moyens elle souhaite allouer à ces programmes.

Est-ce que cela permet de développer une forme de citoyenneté européenne ? Est-ce que tu suis leur cheminement, cela leur permis d’être investi·es sur d’autres choses ?

C. B. : Finalement, on est beaucoup de jeunes en Europe à avoir des racines multiculturelles, ou des doubles nationalités avec des parents qui viennent d’autres pays. S’ouvrir aux programmes Erasmus+, participer à ces échanges de jeunes, être dans la rencontre avec l’autre, c’est aussi s’ouvrir à cette dimension internationale où la multiplicité d’histoires est permise, où elle est la norme en fait. Au-delà du lien à son pays natal ou d’origine familiale, on devient européen, on ressent cette appartenance-là aussi. Cela donne un espace plus grand pour exister en tant que jeune européen, cela leur permet d’ouvrir des portes jusqu’ici inexplorées pour certain·es.

À noter également que plusieurs participant·es sont des réfugié·es, avec un statut d’asile parfois. En se mobilisant sur ces projets Erasmus+, ils et elles amènent d’autres histoires, des histoires extra-européennes. C’est aussi ça l’Europe – l’Europe en interaction, en relation avec le monde, un continent qui s’est constitué avec les mouvements de migration.

Tu as rejoint Colibris en tant que service civique, en évoluant par la suite vers une fonction de salariée. Comment vois-tu ton évolution en parallèle de celle du programme ?

C. B. : Si je me base sur mon parcours chez Colibris, j’ai moi-même vécu cette montée en compétences, et j’avais à cœur de transmettre cela à d’autres, d’ouvrir la porte en quelque sorte. Je sais que j’ai eu accès à ces espaces qui ont facilité mon cheminement. Ce n’est pas le cas pour tout le monde. Donc, aujourd’hui, si je peux partager l’accès, l’existence de ces chemins et de ces espaces de rencontres, pour permettre à d’autres d’emprunter la même voie, je le fais.

Chloé Bernardino sur le projet en Albanie.

Qu’est-ce qui a été le plus difficile pour toi en montant ce projet européen ?Avec le recul, avec l’expérience acquise, qu’est-ce que tu aurais fait différemment ?

C. B. : En fait, le plus difficile, c’est vraiment d’acquérir la compétence professionnelle pour monter ce genre de projets. Comme dans chaque métier, il y a tout un vocabulaire, toute une façon de faire à s’approprier. Heureusement, il y a nos partenaires sur qui compter et qui se révèlent être des vrai·es allié·es pour construire les nouveaux projets. C’est vraiment le principe d’apprendre en faisant, « par l’expérience ». Mettre en œuvre et piloter ces projets est encore un processus difficile pour moi car c’est relativement nouveau. Les dossiers sont denses et complexes à assembler ou à suivre, c’est très exigeant, mais d’un autre côté, cela nous pousse à être rigoureux·ses dans notre manière d’aborder les choses. 

L’autre difficulté que je vois, et sur laquelle je dédierai davantage de temps à l’avenir, c’est la nécessité, au-delà du réseau partenarial en Europe, de travailler avec des associations sur le territoire français. Cela implique de poursuivre mes efforts de veille, de réseautage en allant sur des événements, de créer du lien avec les groupes locaux. Le tout, en parlant de ce que nous faisons avec Erasmus+, afin d’élargir notre tissu associatif avec des structures qui non seulement nous font confiance, mais comprennent ce que nous mettons en place et pourront ensuite relayer plus facilement nos offres à un public jeune.

Ça, c’est la partie difficile mais qu’est-ce que tu as préféré ?

C. B. : Ce n’est pas une question évidente, car les deux projets Erasmus+ que nous organisons viennent à peine de commencer. Reboutons la Connexion, par exemple, n’en est qu’à sa première session. Mais, sur les échanges entre jeunes dont nous avons été partenaires, cela m’a fait très plaisir de leur permettre d’acquérir une expérience de mobilité comme celle-ci : découvrir un nouveau pays, rencontrer des nouvelles personnes, parler une autre langue…

Erasmus+ leur a ouvert de nouvelles portes, leur a permis d’entrevoir un autre champ des possibles. J’ai aimé rendre cela accessible pour elles et eux et les voir en profiter.

Et puis, je ne parle pas simplement de rencontrer d’autres jeunes de sa génération. La rencontre est aussi intergénérationnelle, car il y a toujours des accompagnant·es, des gens qui représentent les associations qui viennent et participent aux animations. Ce sont des endroits où tu grandis en fait, au contact des autres.

Opération de ramassage des déchets sur une plage en Albanie.

Est-ce qu’il y a une anecdote que tu aimerais partager ?

C. B. : Ce n’est pas une anecdote à proprement parler. Mais sur les projets auxquels j’ai participé, j’ai rencontré beaucoup de personnes qui venaient d’Europe de l’Est, notamment d’Ukraine, de Bosnie ou d’Albanie. Pour certain.es, la guerre, c’est le quotidien ou un présent très récent. Ces échanges entre jeunes viennent toujours questionner nos propres privilèges. C’est l’occasion de se repositionner en tant qu’individu dans le monde.

Le fait qu’ici, en France, ou dans d’autres pays d’Europe en général, nous faisons face à la montée de l’extrême droite, ce sont des choses dont nous pouvons discuter pendant ces projets. On se rend compte que tout le monde ne se sent pas concerné·e de la même manière, que les opinions, les priorités comme les réalités de terrain divergent parfois. C’est assez impressionnant d’en prendre conscience dans ce contexte-là.

C’est quoi la prochaine étape en 2027 ?

C. B. : Le dernier projet pour lequel on a obtenu des fonds européens s’appelle IDEAL (Intergenerational Design for Engagement and Action Locally, ou en français : design intergénérationnel pour l’action et l’engagement local). Ce projet est axé sur le recrutement et l’intégration des jeunes dans les groupes locaux : on produira un parcours, basé sur la méthode de la Recherche-action participative, avec un moment de retour sur expérience, et la constitution d’un guide à partager au sein même de notre réseau.

Trois groupes locaux sont déjà embarqués sur ce projet : Paris, Bordeaux et Thouars. Ils étaient enthousiastes de part l’aspect inter-GL, le fait même d’entrer en collaboration avec d’autres groupes, et surtout motivés par une volonté d’ouvrir leur espace, de faire vivre l’entraide, de donner la possibilité à des jeunes personnes de passer à l’action. De continuer à faire vivre les valeurs au cœur du Mouvement Colibris : le respect du vivant, la coopération, la démocratie.

Pour aller plus loin : rendez-vous sur le portail officiel du programme Erasmus+

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WEBCONFÉRENCE : Bien-être militant, un acte de résistance démocratique, points clefs et Replay https://colibris-lemouvement.org/actualites/web-conference-bien-etre-militant-un-acte-de-resistance-democratique https://colibris-lemouvement.org/actualites/web-conference-bien-etre-militant-un-acte-de-resistance-democratique#respond Wed, 14 Oct 2026 13:02:11 +0000 https://colibris-lemouvement.org/actualites/brouillon-auto

Le 06 octobre 2026, le Mouvement Colibris a organisé une webconférence pour présenter les premières conclusions de la Recherche-action participative qu’il co-anime avec le Mouvement pour l’Économie Solidaire, l’association Allumeuses et des chercheurs et chercheuses, avec le soutien du Fonds de Développement de la Vie Associative. Le tout, dans un contexte marqué par les conséquences d’un été caniculaire catastrophique, d’une crise sociale forte et d’une rentrée politique et sociale sous pression.

Plus de 8000 mort·es, des millions d’animaux disparus, des dizaines de milliers d’hectares brûlés : l’été 2026 a rappelé avec violence que la catastrophe écologique n’a rien de naturel. Elle est le résultat de choix politiques – ceux d’une économie néolibérale qui épuise la Terre autant que l’Humanité. Pendant que les associations affrontent des besoins en hausse avec des moyens en baisse, celles et ceux qui portent l’intérêt général en leur sein, s’épuisent à leur tour.

C’est pour comprendre et dépasser cette double érosion que le Mouvement Colibris a participé à initier la Recherche-action participative NMSE (Nouveaux Modèles Socio-Économiques des associations pour la transition citoyenne), aux côtés du Mouvement pour l’Économie Solidaire (MES), de l’association Allumeuses et de scientifiques. Retour sur la webconférence « Militer sans s’épuiser, un acte de résistance démocratique », qui a réuni six intervenant·es autour des premiers résultats de cette recherche lancée en 2024.

L’État se désengage, les subventions fondent, les marchés publics concurrentiels imposent la loi du moins-disant, et les injonctions à « sortir du champ politique » se multiplient — jusqu’aux menaces directes, dont la une du JDD portant la vision de l’extrême droite reste l’illustration la plus récente. Des associations disparaissent, des milliers d’emplois sont supprimé·s, des bénévoles abandonnent, et la charge se concentre sur un nombre toujours plus réduit de personnes. Le contexte est porteur de fortes tensions externes qui ont des impacts en interne.

« Nous vivons, dans tous les continents, une révolution invisible : la montée très forte des associations. Un phénomène rendu invisible alors qu’il est présent. »

Jean-Louis Laville

Jean-Louis Laville : réinventer l’association contre l’amnésie démocratique

Auteur de Réinventer l’association, contre la société du mépris (éditions DDB, 2019), Jean-Louis Laville, sociologue et directeur scientifique de la Fondation du CNAM remet l’épuisement militant en perspective. Le problème central est celui de l’amnésie : on attribue le progrès social au seul État, en oubliant que les associations ont participé très fortement à la construction des sociétés démocratiques – dès les collectifs auto-organisés des années 1830-1848, qui voyaient dans la solidarité démocratique le chemin de l’émancipation. L’histoire du militantisme est aussi un avertissement : nombre d’expériences qui croyaient fonder un « contre-monde » ont fini par l’enfermement sectaire et la guerre interne.

Face au néolibéralisme – un véritable « projet anthropologique » dont l’auteur fondateur, Friedrich Hayek, affirmait préférer la concurrence à la démocratie s’il fallait choisir – Jean-Louis Laville distingue trois phases : le dogmatisme du marché, son habillage « humaniste » (responsabilité sociale de l’entreprise, philanthropie), puis le passage à l’autoritarisme lorsque les sociétés doivent être « disciplinées ». Le « managérialisme » n’est pas un courant distinct : c’est la déclinaison gestionnaire de cette idéologie, visant à réduire les associations à un « tiers secteur » – privé de débat politique, chargé de « s’occuper des pauvres » au moindre coût pour les finances publiques, dans un glissement de la démocratie vers la ploutocratie.


Gaël Louesdon : la Recherche-action NMSE, une riposte associative

Délégué général du MES, Gaël Louesdon raconte la genèse de NMSE, née d’un séminaire des convergences qui réunit le MES, le Collectif pour la transition citoyenne et le Collectif des associations citoyennes. Autour d’un problème partagé – cette « maltraitance politique, institutionnelle et économique » que subissent les associations – un consortium s’est formé entre le MES, le Mouvement Colibris et Allumeuses, soutenu par le Fonds de développement de la vie associative (FDVA).

Une Recherche-action participative associe des savoirs d’expérience (celles et ceux qui agissent) et des savoirs distanciés (celles et ceux qui observent), pour construire ensemble une problématique et capitaliser les enseignements.

Deux objectifs :

  • renforcer la capacité d’action des acteur·ices de la transition en cherchant collectivement une culture de travail et de gouvernance soutenable ;
  • rassembler les savoirs co-produits dans un espace internet accessible type wiki et des livrables destinés à devenir communs, pour les capitaliser.

Les axes qui structurent la réflexion :

  • en gouvernance interne : réaffirmer le sens et l’utilité sociale du projet associatif et instaurer des compagnonnages de pair-à-pair ;
  • en gouvernance externe : inventer des mutualisations et alliances nouvelles entre organisations pour continuer à porter une vision politique transformatrice.

« Quand on a un problème, on se serre les coudes, on s’associe et on trouve les solutions : c’est le principe associationniste. »

Gaël Louesdon
Atelier luchon fdva
Atelier de travail avec le groupe local de Luchon et Eric Favre

Éric Favre : les signaux d’alerte dans le réseau Colibris

Chargé de l’animation du réseau bénévole, Éric Favre décrit le constat qui a précédé la Recherche-action : fragilisation du modèle économique, retour en arrière sur les questions écologiques, disparition d’acteurs associatifs sur la transition. Son enquête de santé du réseau révèle des groupes locaux qui disparaissent, un renouvellement bénévole qui ne se fait plus, des webinaires et formations qui peinent à rassembler comme auparavant.

L’option habituelle – relancer « la machine » par de grandes campagnes de communication – était hors d’atteinte, l’équipe salariée elle-même étant épuisée. La Recherche-action offre un chemin pour qualifier cet épuisement et le traduire concrètement, au niveau local comme national. Deux groupes locaux ont été embarqués : Luchon, en moyenne montagne pyrénéenne, impactée par le réchauffement climatique et le surtourisme ; et le Mesnil-Saint-Denis, en espace périurbain en Île-de-France, un groupe dynamique en expansion.

« Je voyais bien que c’ était un problème d’épuisement, mais je n’avais pas d’outils pour comprendre d’où ça venait. L’idée de cette Recherche-action, c’est d’aller explorer de nouvelles manières de faire ensemble. »

Éric Favre

Valérie Corbière : « On portait trop de sujets »

Bénévole du groupe local du Mesnil-Saint-Denis, Valérie Corbière illustre le vécu de terrain. Son groupe, créé entre amies en 2022 et devenu Colibris en 2023, connaissait un contexte paradoxal : un succès croissant d’actions de plus en plus ambitieuses, mais un cercle cœur en plein renouvellement et une charge concentrée sur quelques personnes. Deux enjeux émergent : embarquer plus de monde dans l’organisation, et s’organiser pour ne pas s’épuiser.

Atelier du projet NMSE à Caen 2026
Atelier du projet NMSE à Caen 2026

Marie-Laure Guislain : du « burn-out militant » au « burn-out néolibéral »

Coordinatrice d’Allumeuses, qui porte le collectif Badassoin, Marie-Laure Guislain propose une grille de lecture en trois familles de facteurs d’épuisement.

  • Le facteur institutionnel : un État qui coupe les subventions, délègue des missions de service public aux associations et participe avec les multinationales à la destruction du monde.
  • Le facteur structurel : la reproduction, au sein même de nos collectifs, de la culture de la compétition, de l’urgence et du perfectionnisme – mais aussi des oppressions systémiques (sexisme, racisme, validisme, classisme), parce que « nous baignons dans ce système ». Quand un collectif affiche des valeurs élevées sans cohérence interne, la perte de sens qui en résulte devient un facteur d’épuisement massif. S’y ajoute la violence systémique retournée contre nous-mêmes : ne pouvant frapper un système « trop grand pour nous », on se déchire entre nous – pureté militante, radicalisme rigide, polarisation qui exclut.
  • Le facteur organisationnel : absence de procédure de gestion des conflits alors que neuf collectifs sur dix meurent au bout d’un an de l’incapacité à les traverser ; absence d’espaces de stratégie, de lien, de reconnaissance et d’écoute.

En réflexion, Marie-Laure Guislain souligne un risque majeur, à mesure que les contraintes s’aggravent : celui de « retourner la violence contre nous-mêmes ». Personne n’a de recette miracle, mais il existe des chemins à explorer ensemble – la mutualisation des expériences et l’association des savoirs.

« Nous préférons parler de burn-out néolibéral plutôt que de burn-out militant : c’est la reproduction du système dans nos collectifs qui épuise, pas le fait de militer, qui peut au contraire créer du lien pour sortir de l’impuissance. »

Marie-Laure Guislain

En interne : réorganiser le collectif pour qu’il redevienne soutenable

Les membres du projet NMSE lors d’un séminaire de travail à Caen.

Bérénice Dondeyne : réappropriation politique et valeur immatérielle

Coprésidente du MES France, Bérénice Dondeyne rappelle que « le politique c’est de l’intime et du collectif, du dedans et du dehors » – et que gouvernance interne et externe se mêlent sans cesse. Premier enjeu interne : la réappropriation politique des membres d’une organisation. Nombreuses sont celles et ceux qui sont dépossédé·es du sens politique de leurs actions et peuvent en perdre le sens de leur engagement. Poser collectivement la question « pourquoi sommes-nous là ? » s’avère à chaque fois très riche. C’est l’un des acquis importants de NMSE. S’ensuivent les questions de l’adéquation entre sens individuel et sens collectif (y compris entre générations), et celles de la transmission, de l’accueil et de la formation.

Elle soulève aussi un pas de côté décisif : dans une organisation, il y a de l’humain et de l’argent qui circulent, mais aussi beaucoup d’immatériel – du non-monétaire, de l’économie réciprocitaire, de l’ordre symbolique. Tant qu’on ne sait pas donner de la valeur à ces économies-là, on prive l’organisation d’une partie de sa force.

« Tant qu’on ne sait pas donner de la valeur aux économies non-monétaires, réciprocitaires, symboliques, on enlève une force qui est dans l’organisation. »

Bérénice Dondeyne

Marie-Laure Guislain : le collectif comme organisme vivant

Les six organes des collectifs (Badassoin)

Pour Badassoin, le collectif est un organisme vivant comme notre corps, qui a besoin de soin au niveau de ses organes. Six organes structurent la grille d’analyse :

  • Le cœur (écoute, lien, soutien psycho-émotionnel) : il faut créer de vrais espaces réguliers d’écoute – pas de simples « météos » sans suite – des espaces où l’on peut discuter des charges de travail, être en désaccord sur le fond… pour sortir de la pureté militante.
  • Les poumons (reconnaissance) : reconnaître le travail de chacune et chacun – surtout quand on est payé « au lance-pierre »-, prendre soin des personnes minorisées ; instaurer une culture du débrief et du feedback, célébrer aussi les étapes. Car si l’on attend d’avoir « sauvé le monde » pour célébrer, on ne célèbre jamais.
  • La bouche (oppressions systémiques) : le sexisme, le racisme, le classisme ne sont pas des fatalités ; on peut y travailler.
  • Les tripes (transformation des conflits) : prévoir dès à présent un protocole de gestion des conflits, se mettre en tête que le conflit est naturel, prévoir des protocoles d’entrée et de sortie.
  • Le cerveau (stratégie) : sortir « le nez du guidon », prioriser des axes cohérents avec nos valeurs et nos ressources pour ne pas tout accepter.
  • Les membres (gouvernance et organisation) : de la clarté dans les rôles, ramener les personnes concernées dans les décisions, répartir réellement les responsabilités – car le « tout organique » épuise et reproduit les dynamiques de pouvoir.

Pas de recette miracle, mais des « graines de soin » : des pratiques inspirantes à disséminer, parce qu’on ne change pas une culture sans pratiquer.

« Le soin, ce n’est pas un petit coup de thérapie parce que tu fais un burn-out. Le soin, c’est politique : c’est agir sur le fonctionnement, la gouvernance et la stratégie du collectif. »

Marie-Laure Guislain

Éric Favre et Valérie Corbière : deux groupes locaux, deux chemins concrets

À Luchon, le travail relève surtout de l’axe « sens » : diagnostic sensible du territoire, semaine d’immersion, cartographie participative et outil du « champ de force » ont permis au groupe – fragilisé par la mise en pause ou le retard d’un projet de tiers-lieu et par des épuisements personnels – de cadrer un projet aboutissant à une candidature Erasmus+, et de nommer des injustices locales.

Au Mesnil-Saint-Denis, le chantier est celui de l’organisation : une frise temporelle co-construite rend visible la feuille de route de l’année et facilite la prise en charge des thématiques. L’atelier sur les niveaux d’implication a été « un déclic » : dire « je suis intéressé·e par » ne veut plus dire « j’organise » – chacun·e peut verbaliser le niveau d’engagement qui lui semble juste, ce qui crée moins de déception, moins de tensions, et plus de liberté en somme. Le point de départ, rappelle Valérie, était simple : « On ne se posait jamais pour vérifier que tout le monde était à l’aise avec ce qu’on proposait ». Créer un espace d’écoute – pour des membres qui sont aussi des ami·es – a été, en soi, une réponse au problème.

« On a créé un espace d’écoute, et ça a été hyper précieux : on n’est pas uniquement des bénévoles, nous sommes aussi des ami·es, et on ne voulait pas que nos actions mettent un terme à notre amitié. »

Valérie Corbière
Atelier du projet NMSE au Mesnil-Saint-Denis

En externe : coopérer, s’allier, valoriser l’immatériel

Bérénice Dondeyne : l’épuisement est aussi politique

En replaçant l’épuisement comme fait politique, nous changeons la manière de regarder nos relations aux autres organisations. Se posent alors des questions concrètes : comment énoncer notre raison d’être, coopérer et mutualiser sur un territoire, garantir la transparence – car quand une grosse organisation coopère avec une petite, l’échange est parfois loin d’être équilibré –, co-écrire des récits partagés du territoire avec les collectivités et les acteurs économiques, et vérifier notre légitimité à proposer et à co-décider ?

« L’épuisement n’est pas strictement individuel, il est aussi politique. Si on le replace comme fait politique, ça change la manière de regarder la gouvernance. »

Bérénice Dondeyne

Valérie Corbière et Éric Favre : le partenariat dans l’ADN des Colibris

« Inspirer, relier, soutenir : le partenariat est dans l’ADN du Mouvement », rappelle Valérie. Au Mesnil-Saint-Denis, les liens tissés – centre social qui héberge le groupe, municipalité avec qui le soutien est mutuel, commune voisine dont les serres accueillent les semis – ont produit du concret : un projet de rénovation monté et soumis au budget participatif en deux semaines, en coopération.

« Quand on donne, on reçoit beaucoup » : une illustration limpide de la valeur immatérielle que plaidait Bérénice Dondeyne. Au niveau national, reconnaît Éric Favre, le Mouvement a pu s’outiller avec les outils de la Recherche-action comme avec le CLIP (Conflits-Légitimité-Intérêt-Pouvoir). Ils permettent de se former à ces coopérations, aux côtés du Collectif pour la transition citoyenne et du Pacte de la transition citoyenne signé avec des élu·es.

Marie-Laure Guislain : « l’urgence, c’est la coopération entre organisations »

« On est souvent d’accord sur les constats et les valeurs, mais très peu de personnes se penchent sur le « comment ». Or c’est en apprenant à coopérer qu’on gagne du temps et de l’impact », souligne Marie-Laure Guislain.

Le système nous divise, et face à nous « ils sont très alliés » : même la meilleure stratégie du monde n’aboutira pas à la transformation sociale, écologique et décoloniale si les organisations ne coopèrent pas. Or la coopération se pratique et s’apprend : elle demande du temps dédié, des accords de coalition qui décident du fonctionnement ensemble, des espaces pour les réajuster et des processus de transformation des conflits prévus à l’avance. Car les dynamiques de pouvoir se reproduisent aussi entre organisations – appropriation du travail collectif par les unes, conflits d’apparence interpersonnelle mais d’essence organisationnelle – ce qui « plombe » des coalitions entières.

« Une association n’est pas qu’une organisation : c’est aussi une institution, c’est-à-dire la production de sens partagé. »

Jean-Louis Laville

En écho, Jean-Louis Laville invite à résister au « rabattement organisationnel » : les modèles qu’on nous impose font comme si toute entité collective n’était qu’une organisation à rationaliser. Or une association est aussi une institution, dans la mesure où elle produit du sens partagé. Se réapproprier l’histoire comme histoire collective, célébrer ce qui réussit, échanger et faire ensemble : telles sont les voies d’une démocratie vivante – sans cesse confrontée à la montée d’un dogmatisme extrême, « figure perpétuellement renouvelée de l’exclusion ».


Les points marquants des échanges avec les intervenant·es

  • Montrer la valeur, pas seulement la mesurer. Donner à voir tout ce que produisent les organisations de la transition au-delà du monétaire, via les méthodologies d’évaluation de l’utilité sociale – mais aussi, souligne Marie-Laure Guislain, évaluer le sensible : le lien créé, invisible mais « sans quoi nos luttes ne seraient pas pérennes ».
  • Financer les communs. Sensibiliser les financeurs, l’État compris, à financer la coopération elle-même, et s’allier dans des projets collectifs pour chercher des financements ensemble.
  • Se former sans s’imposer. Pour Valérie Corbière : « y aller progressivement », cibler de petits enjeux importants plutôt que tout changer d’un coup. La formation des bénévoles reste une négociation avec chaque groupe local, rappelle Éric Favre.
  • Documenter la critique et dire non. Pour Jean-Louis Laville, les modes d’évaluation imposés dans l’action sociale sont « antinomiques avec la reconnaissance des professionnels et des usagères et usagers (…) il y a des moments où il faut dire non, c’est plus possible. »
  • Faire reconnaître nos propres grilles d’évaluation. Pour Gaël Louesdon, les grilles du nouveau management public « font passer une vision de la société » : il faut conquérir un droit de cité dans le débat public pour que les financements soient débattus démocratiquement, et non plus « au fait du prince » via une philanthropie rarement démocratique.
  • Face à l’extrême droite, s’organiser avant qu’il ne soit trop tard. Jean-Louis Laville témoigne de ce que vivent ses collègues brésilien·nes et argentin·nes – éducation publique en péril, universités livrées au marché – et annonce une grande rencontre les 18-20 novembre pour coopérer dans la résistance. Gaël Louesdon s’inquiète d’une « révolution nationaliste-identitaire » que préparerait le Rassemblement national et dont on voit déjà le ocntour dans les votes à l’Assemblée Nationale et les décisions des municipalités qu’il contrôle.
  • Remettre le soin au cœur. Pour Marie-Laure Guislain : « On peut avoir les meilleures stratégies de transformation du monde, si on ne sait pas bien fonctionner ensemble, on n’y arrivera pas. » Et quand le mot « soin » inquiète, commencer par des petits pas, comme le fait de proposer une réunion sur la gouvernance, la stratégie ou les espaces d’écoute, et demander : qu’est-ce qui nous épuise ici, et que pourrions-nous mettre en place ?

Conclusion : la Recherche-action, un levier de résilience démocratique

Cette soirée a permis de mieux comprendre les causes systémiques de l’épuisement militant, de partager des outils de diagnostic et d’organisation, et de s’inspirer de ce que font d’autres groupes. La Recherche-action participative – qui fait dialoguer science et action, chercheur·euses et associations – s’est révélée un levier puissant pour identifier des méthodes et outils de résilience et de résistance démocratique. Tout ne s’arrête pas là : l’objectif est de créer des communs au service de l’intérêt général, et de les faire circuler le plus largement possible.

Pour aller plus loin

  • Regardez le replay de la webconférence ;
  • Retrouvez les ressources partagées par les intervenantes et intervenants durant la webconférence.
  • Consultez d’ici quelques semaines le wiki NMSE, boîte à outils en ligne pour animer une communauté vivante et agissante ;
  • Rejoignez le Mouvement Colibris et un groupe local près de chez vous ;
  • Retrouvez les rendez-vous annoncés :
    • Séminaire des convergences du MES les 9-11 novembre,
    • Rencontres franco-latino-américaines les 18-20 novembre,
    • Forum régional de l’ESS en Occitanie à partir du 27 novembre,
    • Ateliers du collectif Badassoin, plateforme juridique mutualisée d’Allumeuses.
  • Faites un don pour prendre soin de celles et ceux qui agissent pour le vivant : https://www.jedonneenligne.org/colibris/CAMPAGNE0926/

Militer sans s’épuiser n’est pas un luxe : c’est la condition même de la durée de nos luttes – et un acte de résistance démocratique. Le soin que nous apportons à nos collectifs est aussi politique que les causes que nous défendons.

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https://colibris-lemouvement.org/actualites/web-conference-bien-etre-militant-un-acte-de-resistance-democratique/feed/ 0
Des ressources pour le bien-être militant https://colibris-lemouvement.org/actualites/des-ressources-pour-le-bien-etre-militant https://colibris-lemouvement.org/actualites/des-ressources-pour-le-bien-etre-militant#respond Wed, 14 Oct 2026 11:49:00 +0000 https://colibris-lemouvement.org/actualites/brouillon-auto

Durant la webconférence du 06 octobre 2026, « Bien-être militant, un acte de résistance démocratique », les intervenants et intervenantes ont partagé de nombreuses ressources. En voici quelques unes. Vous en retrouverez une liste plus exhaustive lors de la diffusion du site wiki du projet.

Ressources partagées par le Mouvement Colibris

Une lettre du Mouvement Colibris et de l’Université du Nous sur « Faire des conflits des terrains productifs de coopération. »
Le Mouvement Colibris, avec l’Université du Nous, vous propose un nouveau repère, un point d’appui simple et partagé : la voie de la coopération pour une écologie démocratique et solidaire. 

Mais pour coopérer il faut savoir comment surmonter les conflits. Ensemble, dans cette lettre nous vous proposons de comprendre pourquoi le conflit fait peur. Et puis comment l’aborder pour créer des conditions de coopérations qui nous permettent d’éviter la violence et faire démocratie. 
Retrouvez les ressources partagées, des analyses, des méthodes, des formations… pour apprendre à votre tour à faire des conflits, des terrains productifs de coopération. 

Rencontre eocp drome 2025

Comment prendre en compte les traumatismes dans les espaces militants ?

« Nous sommes militant.e.s. Bien souvent, nous nous mobilisons pour plusieurs luttes. Elles nous enthousiasment, nous énergisent. Nous engrangeons des succès, nous nous réjouissons que face à l’inévitable il existe une réponse : la lutte politique collective. Et nous avons bien raison. Nous sommes ainsi plus fort-es. » Une ressource de Mycelium.

Ressources partagées par le Mouvement pour l’Économie Solidaire

Tracts (N°64) – La « Révolution nationale » en 100 jours, et comment l’éviter – Pierre-Yves Bocquet

Recherche Action Participative – Réseau des Crefad

Guide de la recherche action participative – Jacques Chevalier

Ressources partagées par les Allumeuses / Badassoin

Plaquette de présentation du collectif Badassoin. Elles accompagnent les collectifs à travers des ateliers approfondis sur les 6 organes du collectifs à mettre en place une culture du soin régénérative dans nos organisations, pour les renforcer sur le long terme. Il intervient gratuitement dans les collectifs les plus précaires grâce à la solidarité avec d’autres collectifs et des fonds dédiés.  Contact: badassoin[at]proton.me

Formulaire d’inscription au prochain atelier pratique du Badassoin pour passer d’une culture de l’épuisement à une culture du soin dans nos luttes.

Pour Badassoin, le collectif est un organisme vivant comme notre corps, qui a besoin de soin au niveau de ses organes. Six organes structurent la grille d’analyse

Revoir la conférence gesticulée qui peut se jouer dans les collectifs à la demande sur ces sujets d’épuisement et des pistes pour en sortir 

Le livre sur lequel la conférence s’appuie : Le néolibéralisme va-t-il mourir ? Et comment faire pour que ça aille plus vite ? (Ed. L’atelier) de Marie-Laure Guislain et Frédéric Amiel.

En finir avec le burn-out militant. De l’épuisement au soin : une révolution dans nos luttes ?article de Marie-Laure Guislain dans Beet the system, p.88 à 92.

Plateforme juridique de soutien Allumeuses et Terres de Luttes

 Lien d’inscription au cycle « Du pouvoir en dedans. »

Ressources partagées par Jean-Louis Laville

En France, alors que les associations étaient 700 000 en 1990, avec 8 millions de bénévoles, elles sont 1,5 million aujourd’hui pour 13 millions de bénévoles, auxquels s’ajoutent 1,8 million de salarié·es. Néanmoins, certain·es critiquent la précarité du travail dans les associations. D’autres prétendent les moderniser sur le modèle de l’entreprise. Quant aux gouvernements, ils le rabattent trop souvent sur sa fonction réparatrice.

Dans cet ouvrage, une recherche menée avec des acteurs associatifs pendant des années et qui met en évidence comment on peut analyser le fonctionnement des associations d’une façon différente des entreprises ou des services publics. Sont décrits à la fois des cadres d’analyse et des exemples qui renvoient pour certains au phénomène d’épuisement au sein des associations.

Lien vers le site de l’éditeur : Associations, sociologie, économie.

Cet ouvrage écrit avec Patricia Coler, Marie-Christine Henry et Gilles Rouby est issu d’une recherche participative croisant les réflexions entre chercheurs et acteurs associatifs de divers secteurs. Il propose un ensemble d’analyses pour penser l’avenir du monde associatif. Deux scénarios contrastés sont ainsi envisagés. L’un pointe les limites qui entravent son action ou peuvent l’affaiblir (la néo-philanthropie, la marchandisation, la managérialisation…). Le second relève les dynamiques à approfondir ou à mettre en œuvre pour affirmer le potentiel transformateur des associations (travail sur leur fonctionnement interne, synergies au sein de l’économie sociale et solidaire, approches par le commun, coconstruction de l’action publique…).

Le constat de l’importance des mouvements citoyens pour éviter l’isolement et le désarroi qui font le lit de l’autoritarisme et menacent la démocratie. La défense de celle-ci passe en effet par la multiplication des espaces de délibération et d’action.

Lien vers le site de l’éditeur : Quel monde associatif demain ?

Jean-Louis Laville a également participé à d’autres recherches participatives. Elles ont permis de co-définir, avec des acteurs-actrices et chercheurs-chercheuses, des éléments de méthode sur les modèles socio-économiques. Mais aussi d’élaborer des grilles d’analyse. Enfin, une recherche participative sur la question de la co-construction de l’action publique (Recherche-action participative ESCAPE) a aussi donné lieu à un Anti-manuel.

Les fiches ci-dessous sont issues de la recherche-action participative ESCAPE.

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Soutien à la mobilisation internationale du 03 octobre 2026 : Stop pesticides https://colibris-lemouvement.org/actualites/soutien-mobilisation-internationale-du-03-octobre-2026 https://colibris-lemouvement.org/actualites/soutien-mobilisation-internationale-du-03-octobre-2026#respond Tue, 29 Sep 2026 11:04:45 +0000 https://colibris-lemouvement.org/actualites/brouillon-auto

Dans une rentrée sociale où les appels à manifester se multiplient pour la défense du vivant, de la santé, de la solidarité, de nos acquis sociaux et de la paix, le Mouvement Colibris soutient l’appel à la mobilisation internationale du 03 octobre 2026 dans l’Eure.

Les pesticides tuent, de plus en plus et depuis bien trop longtemps ! Nous soutenons la mobilisation internationale du 3 octobre 2026, et les paysan·nes, travailleurs et travailleuses agricoles, personnes malades et habitant·es de territoires contaminés qui convergeront vers le site de Syngenta à Saint-Pierre-la-Garenne, dans l’Eure. À l’appel de la Confédération paysanne, Cancer Colère, le CSVPO (collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest), les Soulèvements de la terre.

L’objectif : dénoncer les ravages de l’industrie agrochimique et obtenir la mise à l’arrêt de ce site majeur, emblématique de l’impunité dont bénéficient les multinationales qui nous empoisonnent. Simultanément, des mobilisations auront lieux sur plusieurs autres continents pour dire « Pesticides, Syngenta, ni ici ni ailleurs ! »

Une mobilisation logique pour notre mouvement qui, depuis près de 20 ans, dénonce l’incendie qui se propage. Les pleins pouvoirs de l’argent et une vision utilitariste du vivant, incluant l’exploitation de l’humain par l’humain, ont déclenché une prédation des ressources naturelles qui met aujourd’hui en danger la vie sous toutes ses formes.

Les quelques multinationales qui en tirent profit intoxiquent toujours plus les terres et les populations. Depuis des années, les scientifiques et les associations accumulent les preuves, les alertes et les combats. Pourtant, nous ne sommes toujours pas entendu·es.

Pire, les pouvoirs publics et les instances européennes continuent de favoriser un modèle agricole soumis aux pesticides et de légiférer en ce sens. Ils installent ainsi une insécurité chimique sur la population entière. Face à eux, il est urgent de désarmer les infrastructures de production des pesticides sur nos territoires et promouvoir une autre agriculture.

Pourquoi arrêter ce site ?

Le site de Saint-Pierre-la-Garenne illustre les dégâts de ce système. Les nappes phréatiques voisines sont fortement polluées, et des arrêtés préfectoraux interdisent régulièrement aux riverain·es d’utiliser l’eau de leurs puits pour arroser leurs cultures. Dans les environs, les pathologies, notamment certains cancers, comme le cancer du foie, sont en constante augmentation.

Cette pollution s’accompagne de conditions de travail indignes. Sur les 150 salarié·es du site, plus de la moitié sont en procès avec leur employeur qui refuse de respecter le Code du travail et de protéger des travailleur·euses qui manipulent chaque jour des substances chimiques toxiques. D’autant que des maladies professionnelles associées sont reconnues sur le site.

L’usine s’inscrit aussi dans une économie d’exportation des poisons. Si Syngenta ne le fait plus, chez BASF à Saint-Aubin-lès-Elbeuf, à environ 40km de là, l’usine produit encore des substances actives de pesticides interdites en Europe, qu’elle exporte en toute impunité vers d’autres continents, notamment en Amérique du Sud (Brésil), avec des conséquences sociales et environnementales dramatiques. Ce commerce des toxiques repose sur une logique de double standard et de colonialisme chimique que nous refusons : ce qui est interdit ici ne doit pas être imposé ailleurs.

La captation des semences

Le site de Saint-Pierre-la-Garenne abrite notamment le Centre d’Étude Technique d’Application des Produits de Protection des Semences (CETAPPS), où d’importants volumes de semences propriétaires sont enrobés chimiquement avant leur diffusion. La production industrielle des pesticides est intrinsèquement liée à celle du contrôle des semences, et donc à la perte d’autonomie des paysan·nes. Refusons que les semences soient brévetées et génétiquement modifiées par ces firmes alors que nos agriculteur-rices les sélectionnent depuis des générations pour préserver une biodiversité cultivée indispensable à la souveraineté alimentaire.

Un secteur organisé en oligopole

Syngenta, aux côtés de BASF, Bayer-Monsanto et Corteva, domine un secteur organisé en oligopole. Depuis son rachat en 2017 par le conglomérat public chinois ChemChina, l’entreprise occupe une place centrale dans le marché mondial des pesticides et des semences. Ce pouvoir économique s’appuie sur une forte concentration industrielle et sur le soutien de grands actionnaires comme BlackRock, Vanguard, State Street, Capital Group et Fidelity (gestionnaires de fonds, fonds de pensions et fonds d’investissements, gèrent des milliers de milliards USD d’actifs financiers). Ce système fragilise l’agriculture paysanne et entretient une dépendance structurelle aux intrants chimiques, au prix de l’empoisonnement du vivant, des populations et de la disparition progressive des paysan·nes.

Le chantage à l’emploi

Lorsque ces enjeux sont soulevés, les entreprises agitent souvent le chantage à l’emploi et la menace de délocalisation. Nous répondons clairement à cet argument. Nous défendons des reconversions industrielles utiles aux salarié·es comme aux paysan·nes, mais nous ne voulons de ces productions ni ici ni ailleurs. Les mobilisations prévues dans d’autres pays le 3 octobre exprimeront elles aussi cette exigence commune et cette solidarité internationale.

Ce que demande la mobilisation

Un seul chemin est possible : la transformation du modèle agricole. Nous devons permettre au monde agricole de cultiver, se nourrir et vivre de son travail sans s’empoisonner. Refusons que nos terres soient accaparées et leur fertilité brisée par les multinationales de l’agro-industrie. Opposons-nous à ce que les semences paysannes soient brevetées et que la biodiversité cultivée soit réduite à une marchandise.

Les alternatives agroécologiques aux pesticides existent, et leur généralisation suppose de lever les freins économiques et politiques qui maintiennent la dépendance à l’agrochimie. Sortons du système libéral qui tire les prix vers le bas et impose à une majorité de paysan·nes l’utilisation massive de pesticides comme moyens de survie à court terme sur le marché international. Les coûts cachés des pesticides en France (soutien financier public, coûts environnementaux et sanitaires), estimés à 18 milliards d’euros par an, devraient au contraire être consacrés à la transformation du modèle agricole.

Changer la donne par l’action collective ! Réunies nos colères sont puissantes.

Le 3 octobre 2026 à Saint-Pierre-la-Garenne, rassemblons-nous pour marquer notre détermination à en finir avec les industries des pesticides. Pour mettre un terme à l’insécurité chimique, l’expression de la colère citoyenne est essentielle. Nous exigeons que soient établies les responsabilités dans la contamination de l’eau, des sols et des corps, que cessent les productions les plus toxiques, que les salarié·es soient justement indemnisé·es et soutenu·es dans la reconversion de ces secteurs.
MANIF’ et FÊTE : Face aux industries qui tuent, partageons une immense envie de vivre. Une grande fête paysanne aura lieu le samedi soir à l’issue de la manifestation.

ACCUEIL : Camping possible dans des endroits dédiés la veille et le soir de la manifestation.

SOIRÉE D’INFOS, BUS, COVOITURAGE : Des soirées d’information afin de se regrouper localement pour la mobilisation, ainsi que des bus s’organisent depuis diverses villes en France. Des kits sont disponibles auprès des Soulèvements de la terre.

Tous les outils et ressources sur le site des Soulèvements de la terre

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26 septembre 2026 : agir pour le vivant, la paix, les solidarités https://colibris-lemouvement.org/actualites/26-septembre-2026-agir-pour-vivant-paix-solidarites https://colibris-lemouvement.org/actualites/26-septembre-2026-agir-pour-vivant-paix-solidarites#respond Wed, 16 Sep 2026 22:01:00 +0000 https://colibris-lemouvement.org/actualites/26-septembre-2026-agir-pour-vivant-paix-solidarites Pourquoi on se mobilise

Urgence climatique et écologique, crise sociale et politique, destruction du vivant, les Françaises et les Français sont à bout, et ils et elles l’expriment de plus en plus fort. Face à cette situation au bord de l’implosion, le gouvernement fait l’inverse de ce qu’il serait urgent de faire. Loi Duplomb 2, rabot sur les plans de rénovation thermique des écoles, sur le Fonds vert, budget de l’Etat toujours en baisse…

Alors que nous comptons encore les quelques 8000 mort·es de cet été caniculaire, nos dirigeants comptent leurs sous et réfléchissent à chaque économie qu’ils peuvent faire. L’argent avant le vivant.

 Le Mouvement Colibris dénonce depuis près de 20 ans l’incendie qui se propage.
Véritable laboratoire d’expérimentation d’initiatives citoyennes et écologiques au service d’une transition écologique juste, démocratique et inclusive, nous seront naturellement mobilisé·es pour le 26 septembre.

Comment nous agissons ?

Le 26 septembre, partout en France, des Colibris vont descendre dans les rues, se mobiliser dans les manifestations pour défendre le climat, le vivant, la paix et la justice sociale. Mais cela ne s’arrêtera pas au 26 septembre.

Tout au long de l’année, notre association soutient les personnes qui se mobilisent 
avec des projets de dialogue intergénérationnel et dans une Recherche-action participative pour le bien-être militant, face à l’épuisement qui guette. Car dans un contexte de pressions fortes et un système néo-libéral qui abîme, les militantes et militants sont fatigué·es.

Dans les territoires, nos groupes locaux font leur part ensemble pour transmettre une planète vivante et viable aux générations à venir. 
Ils conçoivent des initiatives adaptées : projet de mobilité douce, recyclage de bio-déchets, co-réparation, agriculture bio et alimentation locale,  nettoyage de la nature, organisation de fêtes pour garder la joie et la coopération, création de tiers-lieux.

Nos actions permettent de garder des repères collectifs, renforcer les liens, les récits et expérimenter localement pour inspirer et contribuer aux communs. 

Notre demande

Une autre vision du monde est nécessaire, maintenant ! Une vision qui place le vivant avant l’argent ! C’est pourquoi nous serons dans la rue le 26 septembre.

Le point sur la mobilisation

Près de 38 000 personnes ont signé la pétition aux côtés de plus 856 organisations.

  • Retrouvez la marche près de chez vous : La Carte
  • Continuez à signer et mobilisez-vous le 26 septembre : Signer l’appel
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VIDÉO : Bien-être militant, un acte de résistance démocratique https://colibris-lemouvement.org/actualites/video-bien-etre-militant-un-acte-resistance-democratique https://colibris-lemouvement.org/actualites/video-bien-etre-militant-un-acte-resistance-democratique#respond Wed, 16 Sep 2026 22:00:00 +0000 https://colibris-lemouvement.org/actualites/video-bien-etre-militant-un-acte-resistance-democratique

Vous voulez mieux comprendre pourquoi les personnes militantes s’épuisent et comment nous pouvons les soutenir ? Dans cette vidéo pour la campagne bien-être militant, Éric Favre, chargé de l’animation bénévole, explique comment il a travaillé pour soutenir le bien-être des militantes et militants.

Il rappelle le contexte de pressions politiques et économiques que subissent les associations et l’épuisement que ressentent les personnes militantes. Alors que la défense de l’écologie est plus que jamais une urgence, nous devons soutenir leur engagement.

Cette vidéo inclut également le témoignages de bénévoles des groupes locaux Colibris associé à la Recherche-Action participative.

Ce projet réunit des chercheurs et chercheuses en sciences sociales, comme Jean-Louis Laville de la Fondation du Cnam, et des associations comme le Mouvement pour l’Économie Solidaire et Allumeuses. Le projet bénéficie du soutient du Fonds de développement de la vie associative FDVA.
Pour soutenir les personnes militantes, nous avons besoin de vous.

Pour en savoir plus, rejoignez notre webconférence le 06 octobre 2026 à 18h30.

N’hésitez pas à partager cette vidéo !

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CAMPAGNE : Militer sans s’épuiser : un acte de résistance démocratique https://colibris-lemouvement.org/actualites/campagne-militer-sans-sepuiser-un-acte-resistance-democratique https://colibris-lemouvement.org/actualites/campagne-militer-sans-sepuiser-un-acte-resistance-democratique#respond Thu, 03 Sep 2026 22:00:00 +0000 https://colibris-lemouvement.org/actualites/campagne-militer-sans-sepuiser-un-acte-resistance-democratique

Alors que certains départements français sont encore en vigilance canicule après un été catastrophique qui a vu se succéder les sécheresses, incendies, tempêtes dévastatrices, et même une tornade, l’écologie apparaît plus que jamais comme un urgence. 

Au cœur de la lutte pour protéger le vivant contre cet effondrement climatique et écologique, les militants et militantes défendent l’intérêt général, ces communs qui nous appartiennent et nous font vivre, l’eau, la terre, la vie.

Pourtant, alors qu’on devrait les soutenir, les personnes militantes s’épuisent.

Face à la réduction des subventions publiques, en butte aux logiques néo-libérales, parfois même menacées, les associations et les personnes militantes sont mises à rude épreuve. C’est pourquoi, en cette rentrée 2026, le Mouvement Colibris lance une campagne pour les soutenir.

Parce que pour nous, militer sans s’épuiser est véritablement un acte démocratique !

Webconf bien etre militant banniere officielle colibris 2

Une campagne du Mouvement Colibris pour prendre soin de celles et ceux qui défendent le vivant.

L’engagement écologiste en péril : et si le vrai combat commençait par nous ?

En France, 13 millions de bénévoles et 1,6 million d’associations se mobilisent chaque jour pour défendre l’écologie, la justice sociale et la démocratie. Pourtant, dans un contexte politique et social de plus en plus tendu, ces acteur·rices essentiel·les font face à une menace silencieuse : l’épuisement militant. Stigmatisation de l’engagement, retrait de l’État, baisse des subventions, pression des logiques néo-libérales… Les organisations, souvent influencées par des modèles incompatibles avec leurs valeurs, peinent à s’adapter. Résultat ? Près de 500 000 personnes pourraient arrêter leur bénévolat en 2026, selon la dernière étude de Recherches et Solidarités.

Face à ce constat, le Mouvement Colibris, aux côtés du Mouvement pour l’Économie Solidaire (MES) et de l’association Allumeuses, a lancé un projet de Recherche-action participative pour identifier les causes de cet épuisement et proposer des solutions concrètes. Parce que prendre soin de celles et ceux qui agissent, c’est aussi défendre la démocratie.

Pourquoi cette campagne ?

Un problème systémique, pas individuel

L’épuisement des militant·es n’est pas une fatalité, mais le symptôme de modes d’organisation à repenser. Nos associations, souvent sous pression et sous-financées, reproduisent parfois des dynamiques qui aggravent la fatigue de leurs membres. Pourtant, leur rôle est crucial : elles incarnent un contre-pouvoir essentiel pour équilibrer les rapports de force et porter des alternatives écologiques et solidaires.

Des chiffres qui alertent

Nos objectifs

Sensibiliser

Mettre en lumière les causes structurelles de l’épuisement militant et leur lien avec le contexte politique et économique actuel.

Outiller

Partager les résultats de notre Recherche-action et les initiatives existantes pour :

  • Identifier les causes et prévenir l’épuisement des bénévoles et salarié·es,
  • Renforcer la robustesse des associations via des organisations internes repensées,
  • Développer les dynamiques partenariales locales pour plus de résilience.

Inspirer

Montrer que le passage d’une culture de l’épuisement à une culture du bien-être militant est possible et nécessaire.

Plaider

Défendre la reconnaissance du rôle central des associations dans la démocratie, comme actrices indispensables de la transition écologique et sociale.

La Recherche-action : une démarche collective

Depuis 2024, Colibris et ses partenaires mènent une Recherche-action participative, soutenue par le Fonds pour le Développement de la Vie Associative (FDVA). Ce travail associe :

  • Des chercheur·euses en sciences sociales (dont Jean-Louis Laville, Fondation du Cnam),
  • Des bénévoles et salarié·es de groupes locaux Colibris,
  • Des partenaires comme le MES et l’association Allumeuses.

Méthodologie : Ateliers participatifs, entretiens, analyse des pratiques organisationnelles, co-construction de solutions.

Web-conférence : « Militer sans s’épuiser : un acte de résistance démocratique »

Le 6 octobre 2026 | 18h30 – 20h15
En ligne | Gratuit

Revisionnez la conférence pour découvrir les premiers résultats de la Recherche-action et échanger avec nos intervenant·es :

  • Jean-Louis Laville, directeur scientifique, Chaire partenariale ESS, Fondation du Cnam
  • Éric Favre, chargé de l’animation du réseau bénévole pour le Mouvement Colibris
  • Valérie Corbierre, bénévole membre du Groupe local Colibris du Mesnil-Saint-Denis, et du cercle de pilotage (CA) de l’association.
  • Gaël Louesdon, délégué général, Mouvement pour l’Économie Solidaire
  • Marie-Laure Guislain, coordinatrice générale d’Allumeuses, qui porte le collectif Badassoin (qui accompagne les collectifs pour passer de l’épuisement à une culture du soin)


Comment agir à votre échelle ?

Vous informer
Découvrez nos articles et ressources pour comprendre les enjeux et les leviers d’action :

Vous former

Participez à la web-conférence pour découvrir nos conclusions, actions mises en œuvre.

Partagez
Cette campagne et ses ressources sont gratuites et ouvertes à toutes et tous. Pour nous aider à poursuivre ce travail :

Faire un don prendre soin de celles et ceux qui agissent pour le vivant :

  • Avec 30 €, soit 10,20 € après déduction fiscale, vous soutenez le financement la transmission des outils de la recherche-action à un collectif.
  • Avec 50 €, soit 17 € après déduction fiscale, vous participez à l’organisation d’un temps de travail collectif.
  • Avec 100 €, soit 34 € après déduction fiscale, vous contribuez à l’accompagnement d’un collectif dans sa réflexion et son organisation.

Contacts

Pour toute question ou demande d’informations :

  • Jean-Christophe Nougaret : communication[at]colibris-lemouvement.org
  •  Estelle Da Costa : stagiaire_com[at]colibris-lemouvement.org

Suivez-nous sur les réseaux sociaux :

  • Instagram : @mouvementcolibris
  • Facebook : https://www.facebook.com/MouvementColibris/ 
  • LinkedIn : @Mouvement_Colibris
  • Mastodon : https://framapiaf.org/@mvtcolibris 
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Quand les racines craquent : l’épuisement militant dans le viseur de notre Recherche-action https://colibris-lemouvement.org/actualites/quand-racines-craquent-epuisement-militant-recherche-action https://colibris-lemouvement.org/actualites/quand-racines-craquent-epuisement-militant-recherche-action#respond Tue, 01 Sep 2026 22:00:00 +0000 https://colibris-lemouvement.org/actualites/quand-racines-craquent-lepuisement-militant-dans-viseur-notre-recherche-action

L’épuisement des bénévoles est au cœur des préoccupations des mouvements militants, alors que le contexte socio-politico-économique français se tend de plus en plus. Chez Colibris, nous ne sommes pas épargné·es : c’est pourquoi nous avons décidé de prendre le taureau par les cornes. Explications.

À la genèse du projet : observer et écouter le terrain 

Dans nos groupes locaux, quelque chose grince. Des bénévoles s’arrêtent, d’autres hésitent à nous rejoindre. Pourtant, chez Colibris, nous prenons soin d’appliquer plusieurs règles pour cultiver la bienveillance : CNV (Communication non-violente), gouvernance partagée, tours de météo avant et après chaque réunion, régulations… Alors pourquoi ces outils, aussi précieux soient-ils, ne suffisent-ils pas (parfois) à éviter l’épuisement ?

Parce que l’épuisement militant n’est pas une question de méthodes, mais de contexte, avec son lot de pressions politiques, économiques et sociales. Nous l’avons constaté : même les collectifs les plus attentionnés peuvent reproduire, sans s’en rendre compte, des dynamiques qui usent. D’ailleurs, nous y avons dédié notre précédente lettre et plusieurs articles sur le sujet.

Quelques chiffres clés :

Le Mouvement Colibris a donc décidé de se saisir très sérieusement de cette question d’épuisement militant car elle nous touche structurellement mais aussi nos associations partenaires. En effet, c’est tout notre écosystème d’ESS (Économie Sociale et Solidaire) qui est concerné, et la sphère militante dans sa globalité. C’est pourquoi nous avons choisi d’écouter le terrain.

Soutenir les bénévoles et transformer les organisations 

En partenariat avec le Mouvement pour l’Économie Solidaire (MES), Allumeuses et des chercheur·ses en sciences sociales, notamment Jean-Louis Laville de la Fondation du CNAM, ainsi qu’au soutien financier du Fonds de Développement de la Vie Associative (FDVA), nous menons depuis 2024 un projet de Recherche-action participative visant à identifier les faiblesses structurelles des organisations de la transition et trouver des leviers pour les dépasser. Avec un objectif bien défini : comprendre comment mieux outiller nos bénévoles et nos groupes locaux pour qu’ils·elles s’épanouissent dans leur rôle militant. 

Notre méthodologie ?

  • Des Agoras pour aérer le sol des débats et permettre à chacun·e de s’exprimer.
  • Des conférences gesticulées et des ateliers pour partager des savoir-faire et des bonnes pratiques.
  • Un accompagnement scientifique pour analyser les écueils et les bonnes pratiques.

Avec quatre leviers pour transformer les organisations :

  • Requestionner le sens : Réaffirmer l’utilité sociale et engager une transformation locale.
  • Compagnonnage pair-à-pair : Échanger des bonnes pratiques pour se renforcer mutuellement.
  • Mutualisation socio-économique : Créer des alliances pour partager ressources et savoir-faire.
  • Vision politique commune : Co-construire une ambition partagée pour la transition.

Caroline, bénévole en charge de la communication au sein du groupe local du Mesnil-Saint-Denis, témoigne : « Notre défi est de gérer une multitude de sujets sans s’épuiser et de parvenir à coopérer avec les acteur·rices du territoire. En effet, on a de nombreux·ses bénévoles avec beaucoup d’idées et on a du mal à nous organiser. L’animation et la coordination sont souvent gérées par les mêmes personnes, ceci fragilise le groupe dans la durée. Ces ateliers nous ont donc permis de prendre conscience des manifestations que pouvait prendre le burn-out mais surtout d’identifier des actions parfois très simples à mettre en œuvre pour améliorer le fonctionnement collectif et le bien-être individuel.« 

Quant à Cécile, coordinatrice du groupe local de Luchon dans les Pyrénées Hautes-Garonnaises, elle explique comment les ateliers ont permis d’identifier des problématiques complexes de terrain : « Nous agissons sur un territoire rural de montagne marqué par le surtourisme et confronté au changement climatique : les niveaux d’enneigement baissent, les glaciers disparaissent… Notre défi est de faire émerger une vision de l’avenir du territoire pour s’adapter à ces changements. La réflexion collective de cette Recherche-action nous a permis de comprendre que les difficultés à porter nos projets ne viennent pas de notre organisation ou de nos compétences, mais de la complexité des enjeux locaux et de notre capacité à coopérer avec diplomatie.« 

➔ Pour en savoir plus, vous pouvez consulter un ancien article sur le sujet ici

Le projet de Recherche-action participative est porté et soutenu par : 

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